AGAPES FRANCOPHONES 2017

Youcef IMMOUNE Université d’Alger2, Algérie _____________________________________________________________ 390 séquences actionnelles (diagnostic et prescription), organisées de sorte que l’information éclaire l’action et l’action découle de l’information ; l’une et l’autre des séquences exercent réciproquement des contraintes pragmatiques. C’est une schématisation formelle participant de la socialisation à l’entretien médical, donc intériorisée, aussi bien par le patient (de par l’expérience des visites chez le médecin) que par le médecin (socialisation et formation). Cependant, lorsque l’on examine de manière empirique l’organisation macro structurelle de l’entretien médical enregistré en situation de communication réelle, on peut observer que ces étapes de déploiement des séquences communicationnelles ne se déroulent pas suivant une démarche linéaire. Les différentes séquences et plans interactionnels (informationnel et actionnel) se chevauchent dans un mouvement de va-et-vient qui renseigne sur les faits suivants : - L’interrogatoire et l’examen médicaux, étant des plans informationnels sur la symptomatique, leur chevauchement et le va-et-vient établi entre l’informativité verbale et l’informativité actionnelle, renseigne sur la non-complétude informationnelle, que suppose chaque étape prise à part. Aussi bien la parole experte du médecin (discours clinique) que la parole profane du patient (issue de l’expérience et du vécu) s’interpellent parce qu’elles ne se suffisent pas en elles-mêmes et laissent dans la sphère du silence une quantité d’informations non divulguées que l’entretien ne peut saturer. - Le passage de cette première étape (dite informationnelle) à l’étape suivante (dite actionnelle), nécessite donc une restitution informationnelle en vue de sa complétude pour éclairer l’action. Il arrive à ce moment que la phase de résolution actionnelle (diagnostic et prescription) soit suspendue pour revenir à l’interrogatoire ou l’examen (tout n’a pas été dit au sujet du motif de la consultation). - Les séquences relevant, maintenant, de l’action (le diagnostic et la prescription) sont également caractérisées par une séquentialité où le chevauchement et le va-et-vient constituent un fait régulier dans leur fonctionnement. Cela renseigne sur l’impossibilité de l’action thérapeutique sans le caractère affirmatif et catégorique du diagnostic, lequel est tributaire de la complétude informationnelle sur le plan symptomatique. On peut se permettre ainsi, sur le plan macro-structurel, d’identifier le silence pour le caractériser comme relevant de : - La non complétude informationnelle : les interlocuteurs accusent un déficit informationnel ; - Le caractère non affirmatif et catégorique de l’assertion : les interlocuteurs sont confrontés à un flou informationnel (approximation, incertitude) ; - L’impossibilité actionnelle : non opérabilité cognition-action. Le silence se situe ainsi dans les zones de non opérabilité des plans informationnels ou actionnels qui nous renseignent sur des échecs et, de ce point de vue, il nous renseigne sur les conditions de successivité pragmatique réussie : complétude informationnelle (interrogatoire), certitude informationnelle (diagnostic), opérabilité de la décision actionnelle (thérapeutique). Cela est vrai

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=