AGAPES FRANCOPHONES 2017
Yoshiko SUTO Université de Nihon, Japon _____________________________________________________________ 410 1. Le discours rapporté en japonais 1.1. Construction canonique La construction du discours rapporté se constitue d’une proposition citative (noté X) accolée à TO, et d’un verbe de parole. TO dans cet emploi est communément appelé to citatif (notons désormais TOcit) : (1)Construction canonique du discours rapporté : 【 JP 】 Tarowa (Yoko-ni) X- to iu. ---TH 2 (à qn.) [énoncé rapporté]-TOcit dire 【 FR 】 Taro dit (à Yoko) X. TOcit introduit un énoncé rapporté. En ce sens, cette forme canonique paraît, à première vue, correspondre à celle du discours indirect en français avec que comme introducteur. Mais à la différence du discours indirect en français, TOcit peut marquer les énoncés comportant des éléments expressifs, incomplets, impératifs, illustrés dans l’exemple (2), ou encore l’énoncé interrogatif, et cela même en langue étrangère. (2) 【 JP 】 Taro wa {yatta ! / sorede / tabete } to itta. --- TH {youpi ! / alors / manger.P } TOcit dire.ACC 【 FR 】 Taro a dit : « Youpi ! / Alors / Mange » En effet, TOcit introduit et un discours direct et un discours indirect. Généralement, le japonais ne connaît pas le phénomène de concordance de temps. C’est-à-dire que le changement du temps du verbe introducteur n’affecte en rien celui du temps de la proposition citative X. Étant donné que ni l’introducteur (TOcit), ni le système de temps ne peuvent servir de critères de distinction des deux styles du discours rapporté, la frontière entre les deux reste floue. Il est unanimement admis que dans certains cas, il peut y avoir deux interprétations différentes de la même proposition, à la fois interprétée comme un discours direct et comme un discours indirect. Dans (3), par exemple, le pronom personnel « watashi ‘je’ » dans X accolé à TOcit peut être interprété de deux façons. Soit « je » comme l’énonciateur rapporté, soit « je » comme l’énonciateur rapporteur. Pour la première interprétation, « je » correspond à Yoko, ce qui donne la traduction (a) au style discours direct, ou bien, ce « je » est interprété comme l’énonciateur rapporteur, ce qui donne la traduction (b) au style discours indirect. Hors contexte, le référent du déictique ne peut pas être déterminé univoquement, ainsi, les deux interprétations sont possibles. (3) 【 JP 】 Yoko wa, watashi ga tadashii to itta. Yoko TH moi SUJ avoir-raison TOcit dire.ACC 2 Les abréviations utilisées dans les exemples sont les suivants. ACC : forme accomplie, AUX : verbe auxiliaire, COP : copule, COP-POL : copule de politesse, DES : suffixe désiratif, HYP : particule hypothétique, INT : interrogation, NEG : négation, OBJ : particule d’objet, P : particule, SUJ : particule de sujet, TH : particule de thématisation, VOL : suffixe volitif.
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