AGAPES FRANCOPHONES 2017

L’absence de verbe introducteur dans le discours rapporté, quel rôle pour le marqueur to citatif en japonais ? _____________________________________________________________ 411 【 FR 】 (a) Yoko a dit : « J’ai raison ». (je=Yoko) (b) Yoko a dit que j’avais raison. (je= le rapporteur) De même, dans l’exemple suivant, le déictique temporel « ashita ‘demain’ » dans X peut avoir deux interprétations. Soit « demain »par rapport à la situation d’énonciation rapportée (traduction (a) au style direct), soit par rapport à l’énonciateur rapportant (traduction (b) au style indirect). (4) 【 JP 】 Kinou Taro wa ashita syuppatusuru to itta. hier Taro TH demain partir TOcit dire.ACC 【 FR 】 (a) Taro a dit hier : « Demain, je partirai. » (Il part aujourd’hui) (b) Taro a dit hier qu’il partirait demain. (Il part demain) Lorsque X ne contient pas de termes déictiques, ce qui n’est pas rare en japonais 3 , une telle ambiguïté référentielle n’est pas en cause. Dans ce cas, il est difficile de déterminer le style. Ou plutôt, il n’y a pas la nécessité de déterminer si X est repéré en relation à la situation d’énonciation rapportée ou en relation à la situation d’énonciation rapportante. 1.2. Verbes citatifs Les verbes introducteurs du discours rapporté sont communément appelés « verbes citatifs ». Ce sont des verbes dont le sémantisme appelle la présence de la proposition citative accolée à TOcit (Okutsu 1970, Nitta 1980, Teramura 1981, Sunakawa 1989). Les verbes notés ci-dessus sont basés sur Okutsu (1970) et Sunakawa (1989). verbes citatifs - verbes de parole (activité langagière externe) : « iu ‘dire’ » « hanasu ‘parler’ » « kataru ‘raconter’ » « sasayaku ‘chuchoter’ » « donaru ‘gronder’ » « sakebu ‘crier’ », etc. - verbes de pensée (activité langagière interne): « omou ‘penser’ », « shinjiru ‘croire’ », etc. - autres activités : « kaku ‘écrire’ », « yomu ‘lire’ », « kiku ‘entendre’ », « mieru ‘voir’ ‘sembler’ », etc. À la différence du français, la liste des verbes citatifs ne se limite pas aux verbes de parole. Elle contient également les « verbes de pensée » qui expriment une activité langagière « interne », les verbes équivalent de « écrire » « lire » et aussi les verbes de perception que l’on peut qualifier de métalinguistiques. Signalons que parmi les verbes métalinguistiques (‘dire’, ‘entendre’, ‘écrire’, ‘lire’, ‘penser’, etc.), une série de verbes qui se traduisent par ‘signifier’ ( imisuru, shijisuru, arawasu etc.) ne se combine pas avec TOcit. Il est à remarquer que TOcit est incompatible avec le « signifié » d’un signe (5b), alors qu’il est bien compatible avec le « signifiant » (5 a). 3 Il est à noter que l’emploi de pronoms personnels est relativement rare en japonais, notamment le sujet est souvent omis.

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