AGAPES FRANCOPHONES 2017

Yoshiko SUTO Université de Nihon, Japon _____________________________________________________________ 412 (5a) 【 JP 】「 Tasuke wo motomu 」 to { iu / kiku / kaku / yomu / omou }. aide OBJ demander TOcit {dire / entendre / écrire / lire / penser} 【 FR 】 {Dire / Entendre / Ecrire / Lire / Penser} : "au secours". (5b) 【 JP 】 *SOS wa 「 tasuke wo motomu 」 toimisuru . (cf. N wo imisuru) --- TH aide OBJ demander to signifier (N OBJ signifier) (cf. SOS signifie "au secours") Le fait que les verbes du type signifier n’appellent pas la proposition en TOcit laisse supposer que TOcit marque un « signifiant » plutôt qu’un « signifié ». Étant donné qu’un « signifiant » est un signe matérialisé dans un espace- temps singulier, on peut avancer que l’emploi de TOcit requiert une perception des signes. Nous allons étudier une forme marquée par TOcit sans relation prédicative (notée < X TOcit Ø >). 2. < X TOcit Ø > La construction < X TOcit Ø > est montrée dans (6), en contraste avec la construction canonique (1) reprise ci-dessous. (6a) Construction < X TOcit Ø > : 【 JP 】 [X]- to . [énoncé rapporté]-TOcit (6b) Construction canonique du discours rapporté : 【 JP 】 Tarowa(Yoko-ni) [X]- to iu. --- TH (à qn.) [énoncé rapporté]-TOcit dire 【 FR 】 Taro dit (à Yoko) X. L’emploi de< X TOcit ø >est un phénomène relativement récent 4 , et de nos jours, récurrent à l’oral. Cet emploi qui délivre divers effets de sens a fait l’objet d’études en tant que problème particulier du discours rapporté. Hayashi (1997) souligne que dans ce type d’énoncé, l’énonciateur joue le rôle de rapporteur : il rend compte d’« une autre voix », à laquelle est attribuée la source de l’énoncé. L’auteur suggère que l’utilisation de TOcit sert, pour l’énonciateur, à se protéger (hedging device) face à une éventuelle critique de l’interlocuteur. Il reste à savoir comment appréhender cette fonction dans d’autres contextes, notamment dans des contextes de monologue où l’interlocuteur n’est pas présent. Kato (1998, 2010) inscrit également l’étude de < X TOcit ø > dans celle du discours rapporté. En s’appuyant sur Sunakawa (1989), Kato (1998) avance que TOcit dans cet emploi crée« une situation d’énonciation citée », autre que la situation d’énonciation. Dans Kato (2010), les maints effets analysés sont ramenés à la nature singulière que confère aux mots cités ce marqueur du discours rapporté 5 . L’opposition entre deux situations d’énonciation chez Kato 4 Selon une étude en 1963 (celle de Kokken citée dans Kato 1998), ce type d’emploi de TOcit est noté parmi les expressions « qu’il convient d’admettre comme des formes conventionnelles de nos jours, bien qu’elles soient évidemment nées par une irrégularité d’emplois ». 5 Selon Fujita (2000), les mots qui s’emploient pour la citation fonctionnent comme

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