AGAPES FRANCOPHONES 2017
L’absence de verbe introducteur dans le discours rapporté, quel rôle pour le marqueur to citatif en japonais ? _____________________________________________________________ 413 laisse supposer la présence d’un autre sujet d’énonciation, c’est-à-dire, l’énonciateur rapporté qui serait à associer au sujet du verbe citatif, s’il était explicité. Cependant, comme nous le verrons, la présupposition de l’énonciateur rapporté n’est pas toujours évidente dans cet emploi. TOcit requiert la reconnaissance de signes en situation qui seront repris comme X. Ceci dit, la production des signes n’est pas une condition nécessaire. Nous pensons que TOcit dans cet emploi construit une autre situation, ou un autre plan, que la situation d’énonciation, sans pour autant supposer l’énonciateur rapporté. Par ailleurs, nous ne traitons pas l’emploi successif où TOcit apparaît à la fin de plusieurs énoncés successifs d’un même énonciateur et marque la relation de consécution. 2.1. Comparaison avec un rajout d’un verbe citatif Parmi les divers emplois de < X TOcit ø >, il y a des cas où il est aisé d’yrajouter un verbe citatif. Prenons l’exemple (7a). Il exprime ce que pense l’énonciateur. En ce sens, on peut supposer a priori l’ellipse d’un verbe citatif, notamment celui de pensée, comme « omou ‘penser’ ». En effet on peut y rajouter ce verbe comme dans (7b). (7a) 【 JP 】 Ima aru media to iu no wa nakanaka mô korekara (m-m) cyotto kurushii no de wa nai ka to . (m-m) (Hayashiop. cit . : 572) maintenant il-y-a média P dire P TH très encore désormais (euh) un-peu difficile P P TH NEG INT TOcit(euh) 【 FR 】 Les médias qui existent aujourd’hui auront une grande difficulté dans l’époque qui vient, (me) semble-t-il. (7b) 【 JP 】 Ima aru media to iu no wa(...) korekara cyotto kurushii no de wa nai ka to omoi masu . maintenant il-y-a média P dire P TH (…) désormais un-peu difficile P P P NEG INT TOcitpenser COP-POL 【 FR 】 Je pense que les médias qui existent aujourd’hui auront une grande difficulté dans l’époque qui vient. À ce sujet, le commentaire de Hayashi (1997) sur (7a) est intéressant. Comme nous l’avons déjà remarqué, l’auteur avance que l’énoncé < X TOcit ø > attribue la source de l’énoncé à « une autre voix » que l’énonciateur. Il remarque que le sujet de l’énoncé réclame, en jouant le rôle d’un simple rapporteur, que « c’est juste moi qui le pense mais vous pouvez très bien penser différemment », ce qui lui permet d’éviter d’éventuels ennuis avec l’interlocuteur (désaccord, défi, etc.). Dans l’énoncé (7b) où la relation prédicative < je, penser > est explicitée, « icône » de l’énoncé d’origine. C’est-à-dire qu’ils renvoient à ce dernier par une ressemblance.
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