AGAPES FRANCOPHONES 2017
L’absence de verbe introducteur dans le discours rapporté, quel rôle pour le marqueur to citatif en japonais ? _____________________________________________________________ 417 pose X comme valeur convenable dans le contexte intersubjectif (SIT i ), qui se distingue de son propre discours. Ainsi, il ne prend pas en charge la validité de X, autrement dit, il n’affirme pas X, et par la même, il n’élimine pas X’. Avec une distance réflexive opérée par TOcit, il met en scènecette relation intersubjective (SIT i ). Il s’agit là d’un dédoublement subjectif qui se manifeste plus encore dans le contexte du monologue, que nous allons étudier. 2.3. Dans un contexte de monologue 2.3.1. Volition La suite en TOcit peut apparaître dans un monologue. Nous allons étudier d’abord le cas où TOcit s’accole à une forme volitive en u . L’énoncé en TOcit s’emploie le plus souvent avec des éléments explicitantune condition ou une situation particulière. Dans (13) par exemple, « hima da naa ‘Je trouve le temps long’ » sert de constat de la situation en question. (13) 【 JP 】 Hima da naa … Terebi demo miyot- to . Désœuvrement COP Ptélé P regarder.VOL.TOcit 【 FR 】 Je trouve le temps long…Bon, je vais regarder la télé. Dans ce type d’énoncés, l’énonciateur annonce sa propre intention (X, en l’occurrence celle de regarder la télévision), sans pour autant qu’elle soit son premier choix. Il se décide faute de mieux, tenant compte de cette condition situationnelle (SIT i , en l’occurrence celle du désœuvrement). TOcit convient bien avec la présence de la particule demo explicitant que le terme accolé est un exemple parmi d’autres : le choix X est présenté convenable dans la condition SIT i , parmi d’autres types d’activités possibles (X i ). TOcit introduit un aspect de dialogue à un monologue. Sa propre envie est rapportée du point de vue d’un observateur quelconque de la situation. L’énonciateur se dédouble en quelque sorte, en sujet percevant qui constate le choix X dans SIT i , et en sujet énonçant qui l’énonce avec un recul réflexif, ce qui donne une nuance d’auto-confirmation, ou d’auto-déclaration, à sa propre décision. 2.3.2. Interjection TOcit peut s’accoler également à des interjections. Dans l’exemple suivant, TOcit qui s’accole à « o ‘oh’ » introduit une forme de réflexivité qui consiste au dédoublement de l’énonciateur en un sujet percevant et en un sujet énonçant, comme l’exemple précédant. (14) 【 JP 】 O tto , abunai tokoro datta. oh.TOcit dangereux endroit COP.ACC 【 FR 】 Oh là ! J’ai eu chaud ! Il est à souligner que l’on énonce (14), lorsque le danger est passé. On ne peut pas l’énoncer, tout en vivant la situation. Il faut en sortir, pour pouvoir l’énoncer. En effet, TO ne s’accole pas à toutes les interjections. Notons comme difficile sa présence dans les contextes suivants :
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