AGAPES FRANCOPHONES 2017

Yoshiko SUTO Université de Nihon, Japon _____________________________________________________________ 418 (15) 【 JP 】 Ee{ø / ?? to }, ussô ! ah.{ø / TOcit} mensonge 【 FR 】 Ah, incroyable ! (16) 【 JP 】 Ara{ø / ?? to }, taihen ! oh.{ø / TOcit} difficile 【 FR 】 Oh, mon Dieu ! Notons également que TOcit se combine difficilement avec un cri spontané ou une exclamation proférée en vivant l’affect en question. (17) 【 JP 】 Kyâ{ø / ?? to }, tasukete ! hi.{ø / TOcit} su-secours 【 FR 】 Hi, au secours ! (18) 【 JP 】 Itta{ø / ?? to } ! Achh{ø / ?? to } !Samm{ø / ?? to } ! aïe.{ø / TOcit} brûlé.{ø / TOcit} avoir.foid.{ø / TOcit} 【 FR 】 Aïe ! Ouïe (brûlé) ! Ça caille ! Ces expressions sont proches de la manifestation d’un état psycho- physique vécu dans la situation d’énonciation. Or, l’emploi de TOcit construit une extériorité à la situation d’énonciation. Il introduit le point de vue d’un observateur sur une situation détachée de la situation d’énonciation. TOcit est possible seulement si l’interjection (X) renvoie à un état émotif (X i ) provoqué dans cette autre situation (SIT i ) comme dans (14). Conclusion Nous avons analysé une construction spécifique du discours rapporté où la présence du marqueur du discours rapporté TOcit est contrastée par l’absence du verbe citatif et de son sujet grammatical. Le fait que la source du discours rapporté n’est pas explicitée rend secondaire la relation entre l’énonciateur rapporté et l’énonciateur rapporteur. Étant donné que TO est un relateur, mais que dans la construction étudiée manque le second terme auquel se relie le terme accolé à TOcit, l’opération rend compte, au-delà de l’énoncé, de la relation contextuelle ou de la relation (inter)subjective. Nous avons avancé que TOcit dans cet emploi construit une autre situation, ou un autre plan, que la situation d’énonciation, sans pour autant supposer l’énonciateur rapporté. Il marque la mise en relation de X à X i perçu dans cette autre situation ou cet autre plan (SIT i ) sans une prise en charge énonciative. Ainsi, TOcit donne à voir X i (ou SIT i ) à travers X. Ce mode de mise en relation au moyen de TOcit se traduit par divers effets de sens (résumé, illustration, mise en scène, auto-confirmation, etc.). Rappelons que le japonais ne possède pas de critères morphosyntaxiques permettant de distinguer le discours direct et indirect. Grâce à ce cas spécifique du discours rapporté sans la relation prédicative, il est maintenant possible de mieux saisir une des raisons de cette absence.

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