AGAPES FRANCOPHONES 2017

Cristina-Manuela TĂNASE Université de l’Ouest de Timişoara, Roumanie _____________________________________________________________ 422 distribution exceptionnelle »). - des élisions et des ellipses. Selon les critères pris en considération, on a proposé plusieurs classifications des ellipses. Ainsi, pour Georges Mounin, on a ellipse lorsqu’un syntagme ou un énoncé sont considérés comme « tronqués par rapport à une forme dite normale » (1993, 122), c’est-à-dire lorsqu’un des constituants de la phrase est absent. Cette forme dite normale, explique-t-il, doit être rapportée : 1. « à des supposés universaux du langage ». En ce sens, dans le cas de la langue française, où l’emploi de la structure sujet-prédicat est obligatoire, il y a ellipse du sujet quand le verbe est à l’impératif : Parlez ! 2. « aux structures canoniques d’une grammaire ». La non actualisation du verbe dans certains types de questions constitue une ellipse : À quand votre départ ? 3. « à un état du monde ancien ». Un élément, présent autrefois dans le syntagme, et disparu aujourd’hui de la structure, est une ellipse, mais seulement d’un point de vue diachronique, tient à le préciser le linguiste. En conclusion, selon Mounin, on peut parler d’ellipse uniquement si le lecteur peut restituer, de manière spontanée, les éléments manquant. Michel Arrivé, Françoise Gadet et Michel Galmiche (1986, 242-243) distinguent deux types d’ellipses 1 : 1. L’ellipse de langue ou conventionnelle, qu’on a dans : un (film) documentaire , (tournez) à gauche , une cuisinière (pour) tous combustibles . Ce type d’ellipse se caractérise par le fait que les mots absents des structures données (pouvant appartenir à différentes classes grammaticales) peuvent être facilement sous-entendus par les locuteurs. 2. L’ellipse de discours ou grammaticale. L’absence, dans un énoncé, du verbe ou du groupe verbal (car il s’agit là de cette seule classe grammaticale) trouve sa justification dans la syntaxe. On rencontre ce type d’ellipse : - dans la réponse à une question : Où vas-tu ? (Je vais) à Paris. 2 - dans la coordination : Pierre mange des pommes et Marie (mange) des poires . - dans la comparaison : Il sait le latin mieux qu’un prêtre (ne sait) son bréviaire . Enfin, Albert Hamon (1992, 206-208) considère qu’il s’agit d’ellipses – qu’il appelle « grammaticales » ‒ lorsque, dans un syntagme ou dans une phrase, il y a omission d’une partie du discours. Il peut être question : - d’un substantif : une (dent) canine , une (fièvre) scarlatine - d’un article : prendre garde , À bon chat bon rat 3 - d’un pronom : N’importe ! , Soyez des nôtres demain ! , Ainsi fut dit, 1 Ils considèrent l’ellipse un concept grammatical très fragile car « inexprimé » et « supprimé » peuvent y être confondus. 2 D’ailleurs, Riegel, Pellat, Rioul (1994, 111) appellent ce type d’ellipse, ellipse syntaxique , qu’ils considèrent être un cas particulier d’effacement. Dans ce cas, affirment-ils, l’élément non exprimé est un syntagme récupérable syntaxiquement et sémantiquement à partir du contexte, car ces réponses sont, en fait, des phrases tronquées où le locuteur fait économie de segments qui avaient déjà été exprimés dans la question. 3 L’omission renvoie, dans ce cas, à un état de langue plus ancien.

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