AGAPES FRANCOPHONES 2017
Du jeu de mots au jeu des pauses. La relation entre homonymie et pauses dans les sketches de Raymond Devos _____________________________________________________________ 437 dialogues. Il peut s’agir tout aussi bien de questions suivies par leur réponse : J(e l)ui dis : « Ça va me coûter combien ? » [0.513] / I(l) m(e) dit : « Une bouchée de pain ! » J(e l)ui dis : « Est-ce que tu peux me mettre quinze briques de côté ? [0.841] / I(l) m(e) dit : « D’accord ! » J(e l)ui dis : « Qu’est-ce que vous voulez que j’aille faire à Troyes ? » [0.949] / I(l) m(e) dit : « Prendre le car. », que d’une continuation de l’échange par une observation, une suggestion, une demande d’information supplémentaire : J(e l)ui dis : « Mais il est vingt ! » [0.826] / I(l) m(e) dit : « Alors, vous l’avez encore raté. » J(e l)ui dis : « Rien !... [...] rien !... [...] J(e ne) veux rien y faire ! » [0.583] / « Eh bien, i(l) m(e) dit, si vous n’avez rien à faire à Caen, alors allez à Sète. » Alors j(e l)ui dis : « C’est trop tard ! » [0.688] / I(l) m(e) dit : « Pour Sète, oui. [...] Mais si ça vous dit d’aller à Troyes, [...] j’ai encore une place dans ma voiture. » [0.982] « Mais, enfin, Monsieur !... Caen !... [...] Dans le Calvados ! » [0.754] / I(l) m(e) dit : « C’est vague ! » 3.5. Les pauses très longues (supérieures à 1 seconde) Dans le parler spontané, les pauses très longues feraient perdre au locuteur son tour de parole ; elles marqueraient la fin de ses propos et inciteraient l’interlocuteur à le relayer afin de maintenir vivante la conversation. Or, dans le monologue dit dans un spectacle « traditionnel » - où le spectateur n’intervient pas verbalement dans l’événement auquel il assiste -, ces pauses lui sont sciemment réservées. Le but des pauses très longues diffère selon leur place dans le texte. Ainsi, elles séparent l’introduction (l’annonce du sujet) de l’histoire racontée : J’avais un peu d’argent de côté, [...] je dis : « Tiens ! Je vais me faire construire une petite maison... » [2.515] Je vais voir un entrepreneur de béton armé. Oyez ! Oyez ! [6.405] Oyez ! Oyez !, c’est du verbe OUÏR. [1.356] Oyez ! [3.966] Le verbe OUÏR est un verbe très difficile à conjuguer. Les pauses très longues segmentent le texte fait d’épisodes similaires, (« Bric-à- brac »), où le jeu des questions-réponses se déroule alternativement entre le narrateur et un entrepreneur de béton armé, entre le narrateur et un copain du bâtiment . Le début de chaque scène est indiqué par « Alors je retourne voir... ». Les scènes sont séparées les unes des autres par des pauses longues : Alors je vais voir un copain [0.087] qui est du bâtiment. [0.711] Je lui dis : « Dis-moi, une brique... [0.074] combien ça vaut ?... » [1.040] I(l) m(e) dit : « Deux thunes. » [2.342] Alors je retourne voir l’entrepreneur de béton armé. [0.689]
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