AGAPES FRANCOPHONES 2017
Angeliki KORDONI Université Paris-Sorbonne Abu Dhabi ____________________________________________________________ 462 séances que nous avons mises en place commençaient avec la lecture d’un texte littéraire qui servait de texte d’appui ou texte déclencheur . Dans un premier temps, il s’agissait de s’exprimer sur le texte déclencheur, d’expliquer en quoi il était intéressant et intrigant. Cette première étape permettait aux étudiants de comprendre le texte, de faire des hypothèses et de se sentir en confiance. L’interprétation que les étudiants produisaient les engageait dans le processus d’écriture en tant qu’auteurs d’une réflexion personnelle. La lecture devenait ainsi une expérience et le texte acquérait des significations originales et plurielles. Les étudiants passaient progressivement d’une position de lecteur prêt à combler les lacunes du texte à une position de scripteur capable de donner une nouvelle vie au texte. Ils devenaient scripteurs et ils étaient amenés à expérimenter le déplacement du point de vue. Ainsi commençait la deuxième étape de réécriture pendant laquelle nous proposions une consigne avec des contraintes mais aussi des libertés. En général, une consigne bien formulée donne des instructions claires, suggère des idées, elle facilite le travail des étudiants et elle établit aussi les règles du jeu . Elle peut en effet rassurer les apprenants mais elle risque aussi de nuire à la créativité. Dans certains cas nous avons donc opté pour des consignes plus souples, qui étaient souvent réorientées et négociées avec les étudiants afin de leur laisser la plus grande initiative créatrice possible. Nos consignes prennaient la forme de suggestions et vissaient à ouvrir des horizons et de nouvelles pistes d’action (voir les consignes données en annexe). Notre désir de proposer des activités d’écriture variées et de travailler sur des genres différents nous a amené à diversifier la nature des textes déclencheurs et des approches didactiques. Pour cet atelier, nous nous sommes inspirés de deux types ou catégories d’écriture créative proposées par Violaine Houdart-Merot (2004, 8) : a. La réécriture des textes comprenant toutes les formes de transposition ou de transformation de texte. b. L’ imitation de manières d’écrire qui englobe l’imitation des écoles ou des styles. Nos activités d’écriture créative étaient élaborées selon ces catégories et sont pour la plupart décrites en annexes de ce travail. Pour chaque piste didactique, nous avons présenté le texte déclencheur utilisé ainsi que la consigne proposée aux étudiants. De plus, nous avons décidé aussi de faire partager à nos lecteurs quelques exemples des textes rédigés par nos étudiants remarquables par la qualité des leurs idées, de leurs images et de leur travail. La majorité des activités que nous avons proposées se focalisaient sur l’imitation d’un style poétique (p.ex . l’acrostiche et le calligramme), la transformation d’un extrait de roman en planche de bande dessinée ainsi que la réécriture d’un passage de roman (p.ex. Exercices de Style de Raymond Queneau) en y insérant des éléments culturels propres aux étudiants. La dernière partie de chaque séance était consacrée à un temps de socialisation des textes dans leurs premiers jets. Cette étape constituait le moment où les étudiants lisaient à voix haute leurs textes et où l’on voyait se déployer les multiples possibilités de réécriture d’un même texte. Pendant ces moments, nous avons privilégié une attitude bienveillante et une procédure de réflexion au lieu de nous focaliser sur le jugement (Neumayer et Neumayer 2003, 129). Les étudiants écoutaient les versions de leurs camarades, ils posaient des
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