AGAPES FRANCOPHONES 2017
Angélique MASSET-MARTIN Université d’Artois, Centre Grammatica , France _____________________________________________________________ 472 Pour terminer, nous discuterons de l’intérêt de proposer une formation sur ces deux aspects aux futurs enseignants de FLE en se basant notamment sur la vidéo. I. Silences et comportements non verbaux en classe de langue : descriptions 1.1. Présentation de notre corpus Pour décrire, analyser et définir les silences et les comportements non verbaux des enseignants et des apprenants, nous nous sommes basée sur des observations et des enregistrements de classes d’enfants et de jeunes adolescents allophones scolarisés en France. Cela représente environ 120h de cours transcrits, dont sont issus les extraits présentés. Ces publics relèvent du Français Langue Seconde (FLS) puisqu’ils sont en contexte homoglotte 1 . Ces groupes d’apprenants sont hétérogènes par les langues et cultures d’origine en présence, par leur niveau en français, et par la durée de leur scolarisation antérieure. Les enseignants observés sont quant à eux francophones natifs, ce qui est important parce que l’on se retrouve face à une communication « dissymétrique » où les uns (les enseignants) et les autres (les apprenants) ne maitrisent pas les mêmes langues (différences de langues maternelles et de langues apprises) et où les apprenants se retrouvent dans des situations où ils doivent communiquer et interagir en LE alors que les mots peuvent « manquer » et où par conséquent le silence va forcément intervenir, et même parfois prendre de la place. Nous nous basons également sur des entretiens menés auprès de ces enseignants de classes pour élèves allophones (UPE2A 2 ) ainsi que sur des discussions informelles avec nos étudiants de master 1 autour d’une activité centrée sur l’observation et l’analyse de pratiques de classes. 1.2. Définitions Qu’est-ce que le silence en classe de FLE/S ? Y a-t-il plusieurs types de silences ? Qu’est-ce qu’ils signifient ? Comment les interpréter ? 1.2.1. Silence Dans un premier temps, nous nous sommes demandé comment le silence était défini en général et en didactique du FLE en particulier. Outre les définitions auxquelles on s’attend (« absence de bruit », « fait de ne pas parler », « moment pendant lequel on ne dit rien »), Le Robert en donne une définition un peu abstraite et intéressante pour notre propos : « Le fait de ne pas exprimer son opinion, de ne pas répondre, de ne pas divulguer ce qui est secret ; attitude de qqn qui ne veut ou ne peut s’exprimer ». En didactique du FLE, silence renvoie souvent à la « méthode silencieuse » ou « Silent Way » (dont il ne sera pas question ici) mais sa définition ne se trouve pas dans les dictionnaires de référence (Cuq 2003, Robert 2008). 1 « On entend par apprentissage en milieu (ou environnement, ou contexte) […] homoglotte celui qui coïncide avec la langue apprise (par exemple, l’apprentissage du français en milieu francophone, ou du japonais au Japon). » (Cuq 2003,121-122). 2 Unité pédagogique pour Élèves Allophones Arrivants.
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