AGAPES FRANCOPHONES 2017

Silences et comportements non verbaux en classe de FLE/S et leur importance en formation d’enseignants _____________________________________________________________ 473 Définir le silence n’est donc pas chose aisée : Étrange est cet objet à définir, car certains, dans une circonstance commune, trouveront le silence lourd, pesant, interminable voire agonisant, insupportable ; tandis que d’autres le trouveront léger, apaisant, bienfaiteur, peut-être même de trop courte durée. (Rousseaux 2003, 3) 1.2.2. Comportement non verbal Pour Tellier (2010) que nous suivrons, le comportement non verbal englobe les regards, les rires, les emblèmes (c’est-à-dire les « gestes codifiés et propres à une culture », Tellier 2010, 2), les mimes et pantomimes, les gestes, les postures, les mimiques et l’utilisation et l’occupation de l’espace. Il sera davantage question dans cette contribution des gestes 3 et postures ainsi que des mimes, ces derniers étant d’ailleurs très présents dans notre corpus. 1.3. Quand et pourquoi les différents partenaires de la classe recourent-ils au silence et/ou au comportement non verbal ? Cette question comporte déjà une incertitude : le silence peut-il être non accompagné du comportement non verbal ? Les 2 sont-ils complémentaires ? Dépendants ? En langue maternelle (désormais LM), le geste peut parfois être redondant par rapport au discours oral. Mais quand le verbal fait défaut, comme nous avons pu le voir dans nos observations, le silence est toujours accompagné d’un mime ou d’un geste, d’une grimace ou d’un sourire. L’enseignant est silencieux : - pour laisser la parole des apprenants se libérer, pour les laisser réfléchir. Seulement, quand on observe des pratiques de classe, on se rend compte qu’il est rare que l’enseignant laisse le silence s’installer quand il vient de poser une question. Il aurait tendance à vouloir combler ce vide, ce « blanc » 4 en reformulant maintes et maintes fois sa question ou en interrogeant d’autres élèves alors même que le premier interrogé n’a pas eu le temps de réfléchir. N’oublions pas que les enseignants concernés ici sont français natifs et qu’ils s’adressent à des allophones. Il est donc difficile pour eux de garder le silence, de ne pas fournir l’explication, la solution rapidement ; de montrer qu’ils savent ; - pour réfléchir : « Faire silence, pour un enseignant, lui permet ainsi de penser ce qu’il dit puis de dire ce qu’il pense ». (Rousseaux 4) Les apprenants sont silencieux : - parce qu’ils écoutent l’enseignant ou en tout cas en donnent l’impression (« silence passif » 5 ) ; - parce qu’ils réfléchissent à une question posée, soit qu’il leur faut du temps pour la comprendre, soit qu’ils ne l’ont pas comprise.Ici 3 Nous n’entrerons pas dans le détail des différents types de gestes, cf. les travaux de Tellier 2008, 2010, etc. 4 Nous avons été amenée à discuter avec nos étudiants des silences, gestes et autres postures de l’enseignant. Certains termes entre guillemets sont de leur fait. 5 Voir note 3.

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