AGAPES FRANCOPHONES 2017

Angélique MASSET-MARTIN Université d’Artois, Centre Grammatica , France _____________________________________________________________ 474 l’enseignant doit être capable d’interpréter ce silence et lui laisser de la place ; - parce qu’ils ne veulent pas répondre (manque de motivation). Médioni (2013) parle même d’un « obstacle redoutable » pour l’enseignant et elle écrit : C’est particulièrement manifeste dans la pratique du cours dialogué où les fausses questions de l’enseignant — fausses parce qu’il en connaît la réponse — finissent par se heurter, dans le meilleur des cas, au bon sens des élèves qui renoncent à un jeu qui n’en vaut pas la chandelle sur le plan du savoir ; le plus souvent, à l’apathie et à l’ennui face à la répétition d’un rituel assommant. (Medioni 2) - parce qu’ils ne peuvent pas, ou ne savent pas répondre : il leur manque des outils (et là, le comportement non verbal va intervenir et être un appui 6 pour tenter de se faire comprendre) ; - parce qu’ils n’osent pas répondre (peur du ridicule, du jugement des autres, ou peur de se tromper et de perdre la face, timidité, mauvaise estime de soi, etc.). Médioni écrit d’ailleurs à ce propos : Mais l’obstacle le plus violent me semble être le silence assourdissant de l’incompréhension de l’élève qui se tait, se fait silence pour disparaître corps et biens —intellectuels — aux yeux de tous. (Medioni 2) Les carences linguistiques ici sont telles que l’élève craint de prendre la parole, de ne pas même comprendre la question. Il est donc nécessaire de mettre en place un climat de confiance. L’enseignant utilise le comportement non verbal : - quand il gère sa classe, soit qu’il veut obtenir quelque chose, notamment le silence en faisant par exemple les « gros yeux », en faisant un geste du corps voire, en restant silencieux… soit qu’il désigne un élève pour qu’il prenne la parole. Le corps de l’enseignant intervient donc dans la régulation des échanges. - quand il montre des référents présents pour les nommer dans le but d’enseigner du lexique nouveau (gestes de monstration, souvent accompagné des questions « qu’est-ce que c’est ? », « c’est quoi ça ? »). En effet, l’élucidation sémantique occupe une place importante dans les classes de LE, de même que l’apport de nouveaux mots, et dans ce cas, les mimes et les dessins sont des aides précieuses. Quant aux apprenants, ils utilisent peu le comportement non verbal, du moins de manière consciente, sauf pour se faire comprendre quand « les mots manquent » ou pour montrer une certaine impatience (gesticulations). Il est nécessaire que les futurs enseignants, pendant leur formation, prennent conscience de l’importance des silences et des comportements non verbaux. En outre, les étudiants - futurs enseignants - doivent aussi avoir 6 cf. partie suivante.

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