AGAPES FRANCOPHONES 2017

Silences et comportements non verbaux en classe de FLE/S et leur importance en formation d’enseignants _____________________________________________________________ 475 connaissance des différents rôles joués par le non verbal, en particulier celui que nous allons décrire maintenant à savoir le rôle métalinguistique. II. Rôle métalinguistique du non verbal 7 en classe de FLE/S 8 Nous avons montré dans nos travaux antérieurs que la dimension métalinguistique, dans les discours de l’enseignant mais aussi celui des élèves, est omniprésente en classe de langue (FLE/S pour ce qui nous concerne) et en particulier, qu’elle ne saurait se réduire à une question de lexique. Nous irons plus loin ici en montrant que le non verbal est très important car il véhicule lui aussi du « méta ». Dans notre corpus, gestes et mimes sont très fréquents, pour répondre à plusieurs types d’objectifs métalinguistiques ; ils sont même au premier plan quand la langue n’est pas suffisante pour remplir ces objectifs. 2.1. Dans l’intercompréhension Au sein de n’importe quelle interaction exolingue, c’est-à-dire quand les locuteurs en présence ne partagent pas la même langue, le recours aux gestes est primordial pour permettre l’intercompréhension. Dans nos classes, où l’enseignant est celui qui maitrise la langue que les élèves sont seulement en train d’apprendre, ces derniers ont beaucoup recours aux mimes, ou aux gestes, quand les mots leur manquent, que le silence s’installe, s’impose à eux. Exemple n°1 9 <L> monsieur moi ça XX brosse mettre ici comme ça <P> du dentifrice c’est du dentifrice <L> après après mettre comme ça <il imite le bruit de la brosse à dents électrique> <P> ah elle est électrique ? il y a des piles dedans ? <L> oui <P> tu appuies sur un bouton ça fait bzz <L> après tu dois comme ça <P> ça tourne <L> oui oui monsieur / Ce premier exemple est une bonne illustration du non verbal qui s’insère au sein de la parole. Il n’y a plus de silences ici ; le non verbal se réalise sous formes de mimes et de « bruitages ». Ensuite, dans un deuxième temps, l’enseignant verbalise. Il est lui aussi amené à faire appel au non verbal, d’autant plus dans le cas où il est face à des publics très hétérogènes linguistiquement et que par conséquent il ne peut recourir aux langues de ses élèves. La 7 Nous englobons dans « non verbal » à la fois les silences et les comportements non verbaux. 8 Bien que nous ayons parfaitement conscience du fait que le corps de l’enseignant intervienne également dans la régulation des échanges dans la classe, dans la gestion de celle-ci, des comportements, etc. nous ne nous focaliserons que sur son rôle dans la transmission de connaissances. 9 <P> renvoie à l’enseignant, <E*> à un élève non identifié, les autres lettres étant les initiales des prénoms des élèves identifiés.

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