AGAPES FRANCOPHONES 2017

Angélique MASSET-MARTIN Université d’Artois, Centre Grammatica , France _____________________________________________________________ 478 aux gestes, y compris quand il s’agit d’expliquer le fonctionnement de la langue. Une autre nous a dit « on est obligé de mimer hein en FLS », ce qu’elle fait souvent. Nous avons montré en quoi le non verbal joue un rôle très important et non anodin en classe de langue étrangère, ce qui nous amène à nous pencher sur l’importance à lui accorder dans la formation de futurs enseignants de FLE. III. Silences et comportements non verbaux dans la formation des futurs enseignants : pourquoi et comment les étudier ? 3.1. Pourquoi s’attarder sur le non verbal en formation de formateur ? Nous pensons, que l’étude de la communication non verbale devrait figurer au programme des formations d’enseignants. Si on reprend ce qui a été dit précédemment, plusieurs points méritent l’attention des étudiants futurs enseignants de FLE. Il faut en effet leur faire prendre conscience que : 1° les silences ont leur place en classe de langue et ne doivent pas être diabolisés, remplis coute que coute. On peut aussi s’interroger ici sur l’impact de la culture d’origine de l’enseignant 14 dans cette volonté à vouloir remplir les blancs absolument : est-ce typiquement français ? Y a- t-il des cultures où le silence, même en situation d’enseignement/apprentissage d’une langue, est valorisé ? Et pas seulement pour que le calme se fasse dans la classe ? Dans tous les cas, les enseignants doivent apprendre à se taire, à faire silence et à octroyer des moments de silence aux élèves ; 2° les silences doivent trouver une interprétation ; l’enseignant doit se demander pourquoi ils interviennent : par manque de moyens linguistiques ? Par crainte du jugement des autres ?... 15 ; 3° les comportements non verbaux ne sont pas universels et par conséquent, tous les gestes de l’enseignant ne sont pas transparents et peuvent ne pas être correctement interprétés ; 4° il peut y avoir un décalage, voire une contradiction entre ce qui est dit et ce qui est montré avec le mimo-gestuel (comme par exemple faire de l’humour sans sourire) parce que dans le cas de ces publics qui ne maitrisent pas le français, la compréhension du message passe essentiellement par le non verbal. Or, Dans le silence et l’immobilité, le corps de l’enseignant ne cesse de communiquer, tous ses comportements manifestes, conscients ou inconscients ont valeur de messages et les élèves sont sensibles à tous ces comédiens ou des acteurs dans leurs classes pour mettre en lien le corps et la langue. 14 En effet, tous les étudiants futurs enseignants ne sont pas Français ou francophones natifs. 15 Cf. plus haut.

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