AGAPES FRANCOPHONES 2017
Silences et comportements non verbaux en classe de FLE/S et leur importance en formation d’enseignants _____________________________________________________________ 479 signes et indices : leurs conduites en classe sont directement liées à la perception qu’ils ont de ces messages. (Moulin 2004, 143) Cette idée semble partagée : « Nous pensons que les modalités non verbales d’échange de significations entre le professeur et les élèves jouent un rôle non négligeable dans la qualité et l’efficacité de la relation didactique » (Forest 2006, 139). Il faut donc montrer aux futurs enseignants l’incidence que peuvent avoir sur les apprenants qui ne maitrisent pas la langue qu’ils enseignent, tout ce que peut véhiculer ce qui n’est pas la langue. Cela permet d’éviter des « incidents » imputables au caractère non universel des gestes, mimiques et autres mimes tant le succès de l’enseignement/apprentissage dépend dans une large mesure de cette relation qui s’établit entre enseignant et apprenants, du climat de confiance instauré. 3.2. Travailler sur le non verbal : la vidéo, un outil essentiel Depuis quelques années, dans le cadre d’un cours portant sur l’observation de pratiques de classes, nous demandons dans un premier temps aux étudiants futurs-enseignants ce qu’ils observent. Or, ils pensent à analyser le discours des enseignants ou l’ambiance générale de la classe (sourires, rires, ton de la voix), ce qui est le plus directement observable, mais ni l’enseignant dans sa globalité ni la kinésie ni la proxémie sauf quand, comme dans un de nos enregistrements, une attitude de l’enseignant telle que lever les yeux au ciel ou soupirer les choque pour ce que cela véhicule dans ce cas précis : une certaine forme d’impatience face à la difficulté qu’a l’élève de fournir une réponse. Ne parlons pas du silence, totalement occulté de leurs observations. Ils ne réalisent pas tout de suite non plus l’importance que le non verbal peut avoir à la fois dans l’apprentissage de la langue mais aussi dans la gestion de la classe, dans le déroulement des cours. C’est pourquoi travailler à partir de la vidéo est envisageable à notre avis, selon trois axes. D’abord, les vidéos personnelles de cours enregistrés ou que l’on trouve sur YouTube constituent un bon point de départ à une réflexion sur l’impact du silence et du non verbal dans l’enseignement/apprentissage. Ensuite, on peut aussi envisager de filmer les étudiants lors d’une activité où ils devraient présenter une séance, et les confronter à leur comportement non verbal puisque l’enseignant en action n’a pas nécessairement conscience de sa gestualité. Enfin, il serait possible d’aller plus loin avec une comparaison interculturelle des principaux gestes des uns et des autres (puisque tous ces futurs enseignants ne sont pas Français ou francophones). À la suite de Tellier (2008), nous croyons que l’étude des emblèmes parmi les plus fréquents en français puis dans une perspective interculturelle peut également être bénéfique dans la formation des futurs enseignants de FLE car : Dans le cas où un enseignant enseigne sa langue maternelle et se trouve donc face à un public appartenant à une (ou des) cultures différentes, l’usage spontané d’emblèmes ou autres comportements culturels est fréquent et peut poser des difficultés de compréhension au lieu d’aider l’apprenant. (Tellier 2008, 5-6)
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