AGAPES FRANCOPHONES 2017

Le silence en évaluation orale : un silence bruissant, mais surtout éloquent _____________________________________________________________ 487 Clôture de l’interaction et complétude interactive La progression de l’interaction assurée par les deux acteurs sociaux se fonde sur un « acte conventionnel » (Mœschler 1985, 24), défini déjà par la procédure des examens et au jour de l’épreuve, précisé par la consigne. Les objectifs communicatifs sont atteints mais en plus des règles à suivre dans l’interaction, pour l’exécution de la tâche, des facteurs cognitifs, affectifs et linguistiques (CECRL 2001, 122), propres à chaque apprenant, influent sur la formation du discours face à la même situation de communication orale, amenant à des issues diverses et des résultats variés. Dans un environnement donné, les tâches de la consigne indiquent les paramètres suivants pour l’exercice en interaction : - La situation : temps, lieu - Le ton : familier, formel ou informel - Les participants et leurs caractéristiques (âge, liens de parenté ou hiérarchiques) - Le but de l’interaction : transactions commerciales, solution à un problème posé. Dans la consigne ci-dessous niveau B1, l’apprenant doit convaincre l’enseignant de venir avec lui au théâtre et en même temps de trouver une solution efficace puisque ses parents ne le laissent pas y aller : Vous voulez participer à l’atelier théâtre du lycée, mais vous ne voulez pas y aller tout seul. Essayez de convaincre votre ami français de vous accompagner et de s’inscrire avec vous. L’examinateur joue le rôle de votre ami . Étant donné que l’enseignant lui présente une objection, l’apprenant doit le convaincre au moins de l’utilité de cet atelier ainsi que de sa présence nécessaire, de s’impliquer activement dans la tâche : « l’interprétation d’un énoncé aussi innocent en apparence engage en fait la connaissance de l’ensemble des événements qui sont censés se dérouler dans les divers sites où il peut être prononcé » (Kerbrat 2001, 45). Dans l’exemple ci-dessous, le degré d’implication de la part de l’apprenant laisse voir un manque de motivation : Enseignant : « Mes parents ne me laissent pas venir au théâtre avec toi. Qu’est-ce qu’on pourrait faire ? » Silence Élève : « On va aller avec un autre ami … euh … si tu ne pourrais pas. » Cette réplique renvoie à un double problème, du point de vue de l’énonciation, du contenu informationnel, ainsi que de la finalité de la tâche. D’une part, « on » de l’enseignant représente l’enseignant et l’apprenant au rôle de l’ami. De l’autre, quand l’apprenant reprend « on », comment pourrait-on impliquer l’apprenant au rôle de l’ami étant donné qu’il ne peut pas y venir ? Et dans le cas où l’apprenant impliquerait d’autres personnes sans que celles-ci soient évoquées dans les tâches proposées par la consigne, c’est une source de confusion pour l’interlocuteur ainsi que pour la finalité de la tâche elle-même. Contrairement à l’acte de langage vu comme « un acte intentionnel »

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