AGAPES FRANCOPHONES 2019
Natalia PARTYKOWSKA Université d’Opole, Pologne _____________________________________________________________ 208 femme. Désormais, ils seront unis par une obsession pour cette femme extraordinaire, une obsession extrêmement destructrice, mais qui fut aussi une grande force créatrice. Nin écrit : « June : a mandrake, an Eurasian flower ( Mandragora ) with purple flowers and a branched root resembling the human body, from which a narcotic was prepared. » 11 ( Incest , 30). Anaïs commence à écrire un roman intitulé Alraune (mandragore en allemand), transformé plus tard en un récit Djuna de Winter of Artifice , publié en 1939 à Paris et interdit aux États-Unis. Djuna raconte l’histoire d’une écrivaine qui a eu une liaison avec Hans et Johanna, un couple d’un mariage raté. Fascinée d’abord par Hans, elle trouve en lui une âme intellectuellement liée et se réjouit du manuscrit d’un roman qu’il tente de terminer. Le roman de Hans décrit un personnage appelé Johanna, révèle son caractère difficile et son égoïsme extrême. Lorsque Djuna rencontre le prototype du personnage dans le roman, la vraie Johanna, la femme de Hans, succombe à son charme et les femmes franchissent progressivement les frontières de la proximité, jusqu’à ce qu’un acte sexuel ait lieu. Il est difficile de croire à la théorie selon laquelle Nin décrit ici des personnages complètement fictifs, et non elle-même et les Miller. On peut comparer l’entrée de son journal : We went to the sandal shop. In the shop the ugly woman who waited on us hated us and our visible happiness. I held June’s hand firmly. I commandeered the shop. I was the man. I was firm, hard, willful with the shopkeepers. When they mentioned the broadness of June’s feet, I scolded them. June could not understand their French, but she could see they were nasty. I said to her, « When people are nasty to you I feel like getting down on my knees before you ». 12 ( Henry and June , 24-25) avec des extraits du récit : 11 « June : une mandragore, une plante eurasienne aux fleurs violettes et à racine ramifiée, ressemblant au corps humain, à partir de laquelle un narcotique a été préparé. » (Notre traduction) 12 « On est allés au magasin de sandales. Dans la boutique, la laide femme qui nous attendait détestait nous et notre bonheur visible. J’ai tenu la main de June fermement. J’ai réquisitionné la boutique. J’étais maître de la situation. J’étais catégorique, dure, obstinée avec les commerçants. Quand elles ont parlé de la largeur des pieds de June, je les ai grondés. June ne comprenait pas leur français, mais elle pouvait noter qu’elles étaient méchantes. Je lui ai dit : "Quand les gens sont méchants avec toi, j’ai envie de me mettre à genoux devant toi". » (Notre traduction)
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