AGAPES FRANCOPHONES 2019

L’esthétique littéraire de Maupassant et Rachilde au XIX e siècle _____________________________________________________________ 249 pour la création de leurs œuvres. Le thème de la marginalité, de la femme, de la prostitution, de la sexualité sont des thèmes récurrents dans les deux cas (par exemple Boule de Suif, La Maison Tellier, Mademoiselle Fifi, Bel-Ami chez Maupassant), ( Monsieur Venus, L’heure sexuelle, La marquise de Sade chez Rachilde). En plus, le motif de la folie, de l’inquiétude, du pessimisme et de la mort qui s’y manifestent également. Chez Maupassant nous retrouvons le scepticisme de Schopenhauer et le sentiment de la solitude dans Le Horla (www.larousse.fr ). Bien que pessimiste, ce qui le différencie par rapport à Rachilde c’est l’ironie, la capacité de faire rire le public par des situations comiques et inattendus, mais aussi par la compassion à l’égard de ses personnages (par exemple, dans la nouvelle Boule de Suif , dans le cadre de la guerre franco-prussienne, dix compagnons des différentes classes sociales se retrouvent dans la même diligence et Maupassant montre l’hypocrisie bourgeoise en parallèle avec l’attitude humble et généreuse d’une fille publique). Les personnages, bourgeois, prostituées, dandys et courtisanes sont présents chez les deux écrivains, les thèmes et les sources d’inspiration ressemblent, mais ce qui est différent, c’est l’attitude, le style, la manière de présenter le sujet : bref, l’esthétique littéraire des deux auteurs. Un des points communs à la fin du siècle est la rencontre d’une multitude de genres et de formes, ayant comme sujet commun le personnage troublé. Le développement des sciences humaines, parmi lesquelles la psychologie et la psychanalyse mettent l’accent sur les sentiments et le fantastique intérieur (Gauthier, 11). Conceptions et mentalités Disciple de Flaubert, Maupassant s’est fait remarquer par ses sujets empruntés à la vie quotidienne. En même temps, le style de son écriture est simple, pessimiste mais parfois direct. Vu sa manière objective de traiter les sujets, son style ne traduit que la vie concrète et réelle de son temps. (Bedier, 376-377). « Etranger à la hantise flaubertienne de la perfection, il produit plus en artisan qu’en artiste. » (Lemoine, 106), il est un ouvrier qui écrit naturellement et sans chercher des ornements dans le discours. (Lemoine, 107) : « […] le naturel du ton, la simplicité de la phrase, la limpidité, la mesure, l’absence de la recherche et de vains

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=