AGAPES FRANCOPHONES 2019

418 l’œuvre de Le Clézio évoque « l’aspect hasardeux de l’existence humaine dans un univers vaste et sa réaction face au vide. » (83) Pour soutenir sa thèse, Cartal se sert des écrits de Rachel Bouvet et de Marina Salles sur le sujet de la géopoétique dans l’œuvre de J.- M.G. Le Clézio, textes qu’elle cite tout au long de son article. Dans « Géosystème et temporalités environnementales dans Ourania . Perspective géocritique », l’intérêt d’Isidore Bikoko a été de puiser aux représentations des lieux afin d’extraire les usages bénéfiques des espaces, tout en s’inspirant de l’approche géocritique de Bertrand Westphal. Le rapport de l’homme à son environnement y est questionné à travers plusieurs filtres : les cosmogonies, les principes anthropiques et la responsabilité de l’écrivain. Éric Fougère s’attèle à démontrer, dans « Hanter la terre ou l’habiter : l’homme et la bête dans Le Procès-verbal », comment Le Clézio reçoit de ses prédécesseurs, Sartre et Camus, en double héritage, un bestiaire formé d’insectes et de mollusques ou crustacés – parlant fort de l’abandon du corps humain « à ce qu’il a de plus souterrain » (111), et un autre constitué de mammifères – relevant de la lutte pour la suprématie régressive qui se donne entre l’homme et l’animal. L’article suivant, « Habiter les langues de terre. La justice socio-environnementale dans quelques essais », par Bertrand Guest constitue l’occasion pour l’auteur de faire remarquer que l’engagement de J.-M.G. Le Clézio vis-à-vis de la protection des cosmologies indigènes et de leurs rapports au monde rend justice non seulement à la diversité des cultures mais aussi à celle de leurs milieux naturels. D’après Guest, la façon dont nous parlons les langues elles-mêmes a une importance capitale, rendant ou non la terre habitable. « Place et enjeu de la pensée écologique dans la littérature pour l’enfance » , article écrit par Pierre-Louis Ballot, traite de la façon dont l’écrivain évoque la question de l’environnement et du rapport de l’homme à la Terre dans sa production littéraire pour la jeunesse, analysant en même temps les éléments constitutifs de l’environnement aussi bien que la position de l’enfant par rapport à celui-ci. Force est de mentionner, comme Ballot le fait d’ailleurs, qu’excepté Voyage au pays des arbres , aucun de ces textes n’a été initialement écrit pour des enfants, et que, leur publication dans une telle édition, ressort non de l’ambition de l’écrivain, mais de

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