AGAPES FRANCOPHONES 2019
417 politique, etc., auxquelles s’ajoute la dimension géographique. La conclusion de Lazzarotti est que, même si nous habitons tous dans le même monde, nous ne pouvons l’habiter que de manières différentes. La complexité des rapports entre l’homme et la nature est mise en exergue par Ann-Sofie Persson dans son article « Au bord du fleuve sec : sur le rapport trouble entre l’être humain et le monde naturel dans La Ronde et autres faits divers » . Persson y distingue entre quatre situations : absence des rapports, rapports symboliques, rapports instrumentaux ou nostalgiques et rapports hostiles. Par ce faire, tout en s’appuyant sur le texte leclézien, elle se lance dans une démarche écocritique dans le sens compris par Cheryll Glotfelty, ou, pour donner la préférence à la nomenclature francophone, écopoétique, discipline qui, affirme l’autrice, renforce la composante littéraire de l’analyse au détriment de l’engagement. Partant de l’ambition de l’écrivain d’établir une nouvelle relation au monde par le truchement des sens, dans « Quelques traces de l’écophénoménologie dans Le Chercheur d’or », Natalia Nielipowicz se donne pour objectif d’aboutir à une lecture écophénoménologique de l’œuvre leclézienne, s’arcboutant sur les propos du philosophe David Abram. Si selon les écophénoménologues, l’homme peut restaurer l’harmonie perdue seulement par la re-conceptualisation de son identité et de sa perception du monde, d’une manière similaire, selon Le Clézio, afin d’accéder à l’osmose avec le monde environnant, il faut que l’être soit éveillé, prêt à l’écoute de la nature et de ses propres sens. Par une approche géopoétique de l’œuvre leclézienne, l’article de Joannie Bélisle, « Habiter la mer : entre sédentarisme, errance et nomadisme dans La Quarantaine », se propose de relever les différents éléments œuvrant à la relation entre l’espace géographique et la psyché, car, comme le remarque l’auteure « l’espace est chargé de la mémoire douloureuse d’un drame passé s’apprêtant à s’y répéter. » (69) Afin de mener à bien sa démarche, Bélisle fait appel à la philosophie de l’espace de Gaston Bachelard ainsi qu’à celle de Jean- Jacques Wunenburger de laquelle elle emprunte la notion de l’habiter, philosophie qui lui servira à démontrer que la relation entre le sujet et l’espace est nécessaire à l’habitat. Amy Cartal signe un article intitulé « Une lecture géopoétique de La Montagne du dieu vivant » dans lequel elle exploite l’art leclézien de dépeindre l’incertitude. Selon Cartal,
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