AGAPES FRANCOPHONES 2021
Agapes Francophones 2021 124 rares et comme spiritualisés par la distance, la lumière et le voile indécis des fenêtres. Le vieillard et l’étranger entrent avec précaution dans le jardin. (IN, 101-102) Les actions d’une famille passant une soirée tranquille sont d’abord décrites. À ce stade, le regard qui se pose sur la scène est celui des lecteurs ou spectateurs dans la salle de théâtre. La didascalie liminaire se termine cependant par l’introduction des personnages qui viennent observer la famille. Le drame consiste en effet uniquement dans l’observation des faits et gestes accomplis par les « personnages muets » « dans la maison », depuis cette position « dans le jardin ». Comme nous l’avons précisé, les deux personnages entrent dans le jardin parce que le vieillard n’ose pas immédiatement annoncer la mort de la jeune fille à sa famille. Il veut d’abord observer ce que ses membres font dans la maison : LE VIEILLARD Nous voici dans la partie du jardin qui s’étend derrière la maison. Ils n’y viennent jamais. Les portes sont de l’autre côté. – Elles sont fermées et les volets sont clos. Mais il n’y a pas de volets par ici et j’ai vu de la lumière... Oui ; ils veillent encore sous la lampe. Il est heureux qu’ils ne nous aient pas entendus ; la mère ou les jeunes filles seraient sorties peut-être, et alors, qu’aurait-il fallu faire ?... L’ÉTRANGER Qu’allons-nous faire ? LE VIEILLARD Je voudrais voir, d’abord, s’ils sont tous dans la salle. Oui, j’aperçois le père assis au coin du feu. Il attend, les mains sur les genoux... la mère s’accoude sur la table. (IN, 102-103) Comme les fenêtres qui donnent sur le jardin ne sont pas couvertes par des volets et que l’intérieur de la chambre est éclairé, les deux intrus peuvent furtivement regarder ce qui se passe dans la chambre. Par ailleurs, les deux hommes dans le jardin ne se font pas remarquer par la famille puisqu’ils sont « dans l’ombre des grands arbres » (103) et que « la nuit est trop obscure » (118) d’après le vieillard. Après la première moitié du drame, dans laquelle les deux personnages échangent des paroles relatives à la famille, l’auteur apporte une modification à la disposition des espaces : (Entre Marie) MARIE Ils viennent, grand-père. LE VIEILLARD Est-ce toi ? – Où sont-ils ? MARIE Ils sont au bas des dernières collines. (114-115)
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