AGAPES FRANCOPHONES 2021
Agapes Francophones 2021 160 commence alors sa carrière de journaliste devenant chroniqueur à La Croix, vend des entretiens au Figaro et dans Le Monde des livres, il devient plus performant dans son usage de la langue. Dans un entretien avec Thierry Guichard, rédacteur du mensuel Matricule des Anges , il confirme que le journalisme « a été une école d’apprentissage du français » (Guichard 2007a, 16). À ce propos, il ajoute : « je crois que c’est très bien de passer par le journalisme. C’est une ouverture aux autres, au monde. Tu vois des gens, tu essaies de les faire parler. Ce côté enquête, je l’utilise dans quelques-uns de mes bouquins » (Guichard 2007a, 16). Ce contact quotidien avec la presse française lui a permis donc, comme il le reconnait dans Paris-Athènes, « une relation plus intime avec la langue française que la plupart des écrivains étrangers vivant en France » (Alexakis 1989, 217). Le décollage de sa carrière littéraire se fera avec Sandwich , premier roman écrit en français qu’il considère « un roman entre guillemets » (Alexakis 2005, 117). Ce roman, écrit en 1974, année également marquée par la fin de la dictature en Grèce, signale le début d’un aller-retour entre Paris-Athènes ; titre qu’il donne d’ailleurs à un texte autobiographique publié en 1989 lui aussi en français et qu’il explique de la sorte : Il me reste des premières années vécues en France comme une rancune. Il est difficile d’être heureux là où on l’a été si peu. Je comprends, je crois comprendre en tout cas, pourquoi j’ai préféré intituler ce récit Paris-Athènes , plutôt qu’Athènes-Paris : j’avais besoin d’indiquer dans quel sens ce voyage m’était agréable. (Alexakis 1997, 181-182). Ce texte qui le transporte dans un va-et-vient entre deux cultures et deux langues, personnifie l’écrivain de l’entre-deux et reprend le débat autour du thème de l’identité, de la langue d’écriture, du multiculturalisme, de l’exil, de la rupture avec la famille, de l’apprentissage d’une langue étrangère, thèmes qui sont chers à l’auteur. Alexakis a la particularité d’avoir choisi de s’installer dans cet aller-retour permanent, d’un espace à l’autre, d’une culture à l’autre, entre la Grèce et la France, mais aussi entre le français et le grec, car d’après lui « les langues elles-mêmes sont le fruit d’un dialogue avec d’autres cultures » (Guichard 2007b, 22). Alexakis justifie d’ailleurs son choix bilingue quand il affirme : « J’ai décidé de me reconnaître dans les deux langues, et cela veut dire qu’au fond, il n’y a jamais qu’une seule langue, celle de la littérature » (1997, 19). Dans Paris-Athènes , l’auteur « s’interroge sur les mots grecs, les mots français, leurs différences. Ce livre est le premier qui soit truffé de mots grecs » (19). À propos du sujet de ce livre, qui est le reflet de son parcours linguistique d’une langue à l’autre, Alexakis avoue :
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