AGAPES FRANCOPHONES 2021
Agapes Francophones 2021 180 des personnages africains qui ont pris les chemins de l’Europe et principalement de Paris et qui foisonnent dans la littérature africaine et plus particulièrement dans le courant parisianiste défini par Jules- Rosette Bennetta comme « un style cosmopolite d’écriture franco- africaine » (10). On peut évoquer Tanhoe Bertin ( Un nègre à Paris ), Kocoumbo ( Kocoumbo l’étudiant noir ), Samba Diallo ( L’aventure ambiguë ) pour ce qui est des générations précédentes, c’est-à-dire avant et juste après les indépendances et plus récemment Malaïka ( Un amour sans papiers ), Jojo et Charlie ( Le paradis du nord ), Moki et Massala- Massala ( Bleu blanc rouge ) ou encore Joseph Gakatuka ( L’Impasse ) et la communauté malienne peinte dans le cycle de Belleville de l’écrivaine camerounaise Calixthe Beyala. Si la métropole française fascine tant les personnages de ces œuvres, il importe de noter que les raisons qui poussent les uns et les autres à y aller et même à s’y établir sont différentes. Ces multiples raisons donnent un contenu paradigmatique particulier au concept à l’aide duquel on désigne chaque Africain qui vient ou s’installe en France. Au cours de la période coloniale, de nombreux jeunes Africains vont en France pour parfaire leurs études commencées en colonie. Cette génération, constituée de ceux que l’on qualifiait d’évolués par rapport à leurs compatriotes indigènes, avait pour la plupart l’objectif de retourner au pays natal, une fois les études achevées, pour seconder ou prendre la place du maitre colonial. Ces départs étaient en général motivés et rendus possibles par le pouvoir colonial. C’est de cette génération qu’émergent non seulement les futurs cadres de nouveaux états indépendants, mais aussi la première vague d’écrivains, dont Aké Loba qui retrace le parcours de nombre de ses semblables dans Kocoumbo, l’étudiant noir . Les personnages créés par cette génération constituent la figure de l’ étudiant noir . Contrairement à cette vague, l’ immigré tel que nous le posons ici émerge au début des années quatre-vingt, en pleine période postcoloniale. Si nombre d’Africains continuent d’aller en France pour continuer leurs études, peu d’entre eux envisagent de retourner au pays. Les départs sont le fait d’individus et non plus d’États. Les motivations d’ordre économique deviennent le leitmotiv de ces déplacements. Cependant, que ce soit la génération de l’étudiant noir ou celle de l’immigré, le sujet africain reste soumis aux mêmes difficultés d’intégration en France. En nous servant de l’imagologie, nous envisageons de questionner les modalités de construction des altérités de ces personnages, de ressortir les différences, s’il en existe, et les ressemblances et de voir en fin de compte en quoi l’imaginaire à propos du sujet africain en France a changé. Notre étude s’appuie sur deux romans représentatifs de deux périodes distinctes : la période qui couvre avant et juste après les
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