AGAPES FRANCOPHONES 2021

Agapes Francophones 2021 289 comprendre du tout (T.O : 19.73% ; Bejaia : 22.36%) et très peu (T.O : 5.26% ; Bejaia : 7.89%) qui les comprennent bien. Les Aurès, région plus éloignée géographiquement que la Kabylie, semble avoir des résultats plus ou moins différents. En effet, 28.94% disent bien comprendre le Chaoui et 28.94% autres le comprennent un peu. Quant à ceux qui ne comprennent pas du tout ce parler, nous avons obtenu des valeurs proches de celles de la Kabylie (26.31%). 4.2.2. Désignation du parler de la région de Menasser Le nom le plus utilisé par nos enquêtés pour désigner le parler berbère de leur région est le kabyle/aqbaylith/elqabayilia avec 42 occurrences dont 10 accompagnées des compléments « de Menasser ou de Ath/Béni Menasser ». L’unité « achelhith / chelhiya » vient en deuxième position avec 33 occurrences avec certaines utilisations comme synonymes de « kabyle ». Très peu de locuteurs apparentent leur parler au parler de Chenoua. Le parler de Menasser n’est désigné par l’unité « chenouia » que six fois et par tamazight/amazighia que quatre fois. Deux de nos informateurs ont utilisé la désignation zenatia (zenète) et nous avons trouvé une seule occurrence du désignant « Menasseria » (le ménacerien), un adjectif qui désignerait la langue des habitants de Menasser au même titre que le français désigne la langue des Français. 5. Discussion Notre enquête a permis de confirmer certaines de nos constatations sur la place de la langue berbère dans le paysage linguistique des Ménasseriens. À l’instar des autres régions du pays, Menasser a un paysage linguistique plurilingue qui englobe les différentes sphères citées par Khaoula Taleb Ibrahimi (1994) : la sphère berbérophone représentée par « haqbaylith » ou le kabyle parlé dans cette région depuis des siècles, la sphère arabophone représentée par la langue arabe (dialectale et standard) et enfin les langues étrangères avec une légère prédominance du français par rapport à l’anglais qui commence à avoir une place, timide certes, mais palpable chez les jeunes. Le berbère est toujours présent dans cette région à des degrés différents selon les zones, selon les profils des personnes interrogées et avec des frontières autres que ses frontières historiques. Ainsi, le kabyle de Menasser occupe une place plus importante dans les zones rurales où il est appris comme première langue avant Darija et donc utilisé en famille et à l’extérieur par les enfants et par les adultes. Précisons ici que même si Menasser n’est pas une grande ville, les habitants du chef-lieu de la

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