AGAPES FRANCOPHONES 2021
Agapes Francophones 2021 311 La censure remonte à l’Antiquité et devient une institution au Moyen Âge (Encyclopedia Universalis 2 ). De nos jours, la censure est le cachet des régimes totalitaires (Chen et Yang, 2294) afin d’interdire la circulation des informations qui menacent le régime. L’autocensure implique l’acte de s’auto-intimer la censure en limitant l’expression et la portée de ses propos idéologiques, littéraires, artistiques, politiques, etc., pour ne pas contrevenir aux limitations imposées par les normes consacrées par le système ou l’État. Cette étude concerne l’expression linguistique de l’autocensure, plus précisément l’analyse d’une structure linguistique qui équivaut à l’expression d’un acte illocutionnaire annonçant l’autocensure, et de son fonctionnement dans le discours. 2. Profil pragmatico-discursif de la formule ‘Ce n’est pas moi qui le dis’ À un premier abord, il s’agit d’un acte assertif dont la portée est de dire ce que le locuteur ne fait pas, à savoir être la source de certains dires invoqués. À la base, un assertif revient à communiquer un contenu p pour lequel le locuteur a des raisons de croire qu’il est vrai et pour la vérité duquel il pourrait même fournir des preuves, en assumant que l’interlocuteur n’en est pas au courant. (Vanderveken, 175) L’acte auquel donne lieu la formule Ce n’est pas moi qui le dis est à intégrer dans une structure plus ample dont la configuration est Acte de dire. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est/mais X La formule que nous étudions occupe une position médiane dans cette configuration, en amont se trouvant un acte de dire préalable, représenté dans la formule étudiée par un élément résomptif, à savoir le pronom neutre le , et en aval un segment qui complète la formule en précisant l’instance responsable pour l’acte de dire préalable. On sait que le gouvernement libéral en place s’inspire de la politique de garderies au Québec vantée par l’OCDE. Si on n’a pas cette structure implantée dans les provinces, on ne pourra pas avoir des choix à offrir aux familles. On sait que c’est un projet très coûteux, soit de 83 milliards de dollars. Ce n’est pas moi qui le dis, mais 3 ce sont des économistes qui ont regardé la proposition du Parti conservateur et qui ont fait une critique assez acerbe sur l’instauration de cette politique. En effet, elle ne conviendrait pas à l’ensemble des familles du Canada, car il n’y aurait pas d’autres solutions offertes. 4 2 https://www.universalis.fr/encyclopedie/censure/#i_0 . 3 Nous soulignons la séquence dans tous les exemples. 4 https://www.noscommunes.ca/DocumentViewer/fr/38-1/chambre/seance-115/debats
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