AGAPES FRANCOPHONES 2021

Agapes Francophones 2021 342 Dans l’avant-propos (p. 9-12), afin de contextualiser la problématique et les implications tant physiques que spirituelles du (non)déplacement, les coordonnatrices motivent leur décision de s’intéresser à la vie de l’homme moderne, « une vie faite d’incessants déplacements consentis ou subis et, parfois, d’instants de fixité voulus ou imposés » (p. 9). À partir d’une série de clarifications conceptuelles, Ileana Neli Eiben et Ioana Marcu s’arrêtent sur les deux sujets complémentaires au thème de discussion de ce numéro : le déplacement et le non-déplacement. Quant au concept du déplacement , l’avant-propos met l’accent sur l’instabilité du présent qui remet en question l’identité et la diversité, à savoir un ensemble des thèmes récurrents à l’époque contemporaine. Les divers causes et effets de la mobilité annoncent des implications qui entament une discussion actuelle et pertinente sur la transfiguration : le répit, qu’il soit intérieur ou physique, la (re)découverte de soi et de l’autre, l’au-delà du voyage extérieur et le dedans de la quête spirituelle, l’acceptation et le refus, le familier et l’étranger, l’endogène et l’exogène, la nostalgie médusée et le retour difficile 2 et l’hybridation (p. 10-11). À l’inverse, le non-déplacement surprend le manque de mouvement qui transforme le personnage actif en personnage amorphe, à la suite d’une irradiation contemporaine de l’« oblomovisme » 3 . Ces personnages incarnent ainsi des agents d’une « fausse action qui est synonyme du silence, de l’immobilité, du vide, de la pause » (p. 12). À travers des explications, des exemples et des notes en bas de page, liés à la démonstration entreprise le long de ce volume, l’avant-propos expose et contextualise la démarche de la réflexion sur « toutes ces facettes du (non)déplacement » (p. 12). Le premier article, « Du déplacement en littérature : morphologie, morale et plaisir » (p. 15-31), écrit par Alexandre Sannen, a comme objectif le déplacement moral dans la morphologie du récit à la fin du XX e siècle. Par le biais d’un cadre théorique (la sémiologie et la psychanalyse) et d’un autre référentiel (un corpus littéraire regroupant les romans de 2 L’impossibilité de « revenir en arrière » nous amène à réfléchir aux motifs romantiques Panta rhei et Fugit irreparabile tempus que le (non)déplacement de la littérature contemporaine semble questionner. 3 Concept qui fait référence au roman Oblomov (1859) de l’écrivain russe Ivan Gontcharov, dont le protagoniste devient le prototype. Synonyme de l ’à-quoi-bonisme et du désinvestissement, l’« oblomovisme » est définit par Eloísa Castellano-Maury comme « un débordement de l’impuissance face au chaos du monde qui fait qu’on baisse les bras et qu’on attend que ça se passe ». Voir Eloísa Castellano-Maury, « Oblomov », in Revue française de psychosomatique , n o 24, 2003, p. 97-105. [En ligne]. URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-psychosomatique-2003-2-page-97.htm (Consulté le 14 février 2022).

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=