AGAPES FRANCOPHONES 2021
Agapes Francophones 2021 343 Jean Echenoz, Hervé Guibert, Michel Houellebecq, Pascal Quignard et Marie Redonnet), Alexandre Sannen se propose d’étudier les usages et la circulation du signe « /plaisir/ » afin de dévoiler le déplacement moral défini comme « une hypothèse répressive » (p. 29). En « suivant » les traces de l’héroïne de La Paria de Claude Kayat, Debbie Barnard explore un nouvel espace identitaire, le « devenir- autre ». Dans son article, « Partir afin de devenir soi-même : identité et déplacement dans La Paria de Claude Kayat » (p. 33-44), Debbie Barnard analyse divers déplacements pour exposer la création d’un espace pour l’identité culturelle et religieuse qui « dépasse les limites proscrites par l’identité binaire Arabe-Juif, et qui permet le devenir-autre » (p. 37). Vanessa Massoni da Rocha divise son analyse portant sur les représentations de déplacements dans l’œuvre de Fabienne Kanor en deux parties. La première examine le côté biographique et le fonctionnement de la mer dans les deux premiers romans de l’écrivaine, D’eaux douces et Humus , tandis que la seconde dévoile le trauma de la traite négrière pendant la période coloniale. À la suite de la contextualisation biographique et de son approche comparative, historique et symbolique, l’article « La mer comme cimetière : déplacements et insurrections dans Humus de Fabienne Kanor » (p. 45-59) réussit à expliquer et à interpréter le déplacement « qui transforme l’eau, symbole de la vie en linceul des corps jetés à la mer, des corps qui transfigurent la mer en cimetière » (p. 57). La production littéraire, notamment les deux recueils poétiques, Poème-fleuve pour noyer le temps présent (1995) et Cuisine intérieure (2014), de l’écrivaine belge d’origine marocaine Leïla Houari fait l’objectif de l’article écrit par Francesca Aiuti, « Leïla Houari : une poésie de l’ entre- deux » (p. 61-79). La lecture de l’ entre-deux à trois niveaux – littéraire, culturel et socio-politique – propose une herméneutique du déplacement de la parole poétique vue par Francesca Aiuti comme un acte linguistique « par le truchement duquel une nouvelle dimension spatiale, extra- frontière, pourrait être conquise par la poésie contemporain » (p. 77). Dans « Réinterprétations du thème du voyage dans L’Année dernière à Saint-Idesbald de Jean Jauniaux : entre immobilité, évasion et fantaisie » (p. 81-95), Iulia-Roxana Georgiu s’arrête sur les causes et le rôle du déplacement dans l’écriture du voyage à partir des nouvelles Pontiac et Room-service tirées du recueil L’Année dernière à Saint-Idesbald (2015) de Jean Jauniaux. À travers son analyse thématique, Iulia-Roxana Georgiu montre un double aspect du genre viatique : d’un côté, l’engagement de dépeindre « les grands drames de la société contemporaine » (p. 82), et de l’autre côté, le retour à « l’expérience de la lecture » (p. 94).
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