AGAPES FRANCOPHONES 2021
Agapes Francophones 2021 344 « Actualisations d’un topos de la littérature de l’exil : la traversée maritime, à travers Mur Méditerranée de Louis-Philippe Dalembert et Là où le Soleil ne brûle pas de Jacinthe Mazzocchetti » (p. 97-111) est le titre que donne Lila Lamrous à sa lecture comparée de la traversée maritime comme topos narratif chez les deux auteurs. Par sa comparaison de la thématique de la crise migratoire contemporaine, Lila Lamrous illustre le processus du parcours émotionnel de Mazzocchetti et l’évocation des mémoires de l’exil de Dalembert, en mettant en emphase l’actualisation du topos pour « dénoncer la violence des frontières et des assignations dans un lieu unique et un destin figé » (p. 109). Dans sa recherche portant sur le roman de Denys Chabot, La tête des eaux , Margareta Gyurcsik s’attarde sur les thèmes de la migration et du voyage pour réfléchir à la problématique du rapport à l’Autre et ses implications concernant l’identité et l’altérité, la permanence et le changement. En revisitant le phénomène de la migration du XX e siècle, « À la recherche de l’Eldorado abitibien » propose également une « recherche » de la beauté et la diversité du Québec par l’entremise de la stratégie narrative de Chabot. La réflexion sur la langue de l’exil a suscité l’attention de Bernadette Porto qui, dans son article « Représentations de la langue de l’exil chez des passeurs culturels venus d’Orient : Ying Chen, Akira Mizubayashi et Wajdi Mouawad » (p. 127-140), analyse l’expérience linguistique « comme un déplacement existentiel » (p. 127). À partir de deux signes spatiaux récurrents dans les textes des auteurs choisis, la maison et la route , Bernadette Porto identifie deux modes essentiels « de s’approprier une langue, qui révèlent la possibilité ou l’impossibilité d’y arriver, de s’installer et d’habiter une langue ou un nom » (p. 138). La contribution « Identité et représentations de l’exilé dans le roman Passages d’Émile Ollivier » (p. 141-151) de Veronica Cappellari porte sur les poétiques des « écritures migrantes » qui font le pont entre le lieu d’origine et le pays d’accueil, ici et là-bas . Par son analyse de l’univers romanesque, Veronica Cappellari réussit à montrer comment l’écriture d’Émile Ollivier devient « un moyen efficace pour retrouver ses propres racines, pour lutter contre l’oubli et pour s’éterniser » (p. 150). Les descriptions des voyages vers l’Algérie coloniale à la fin du XIX e siècle représentent le point de départ de l’article « Les Français en Algérie coloniale : voyage en territoire national ou à l’étranger ? » (p. 153-168). Dans sa présentation et ses études de cas, Dorottya Mihályi met en exergue les facteurs géographiques, les guides (et leur rôle actif dans la création des stéréotypes et des exigences du voyageur) et quelques récits de voyage pour montrer comment l’Algérie « reste pour la mère-patrie "la colonie la plus précieuse" et "l’Orient le plus proche" » (p. 165).
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