AGAPES FRANCOPHONES 2021
Agapes Francophones 2021 346 Kane » (p. 219-231) illustre comment la présence des mythes dans le roman choisi structure l’exploration de la mobilité , en concluant que le mythe des origines « s’associe au tragique de la fin du roman pour camper le plaidoyer pour la préservation de l’idiosyncrasie de chaque individu ou communauté comme un préalable à l’enrichissement dans la rencontre avec l’alter ego » (p. 230). En se servant de la géocritique comme méthode d’approche, le dernier article, « La fabrication des "êtres transfrontaliers" dans quelques romans africains francophones de l’extrême contemporain » (p. 233-244) écrit par Diouma Faye, questionne l’émergence des « êtres transfrontaliers » dans quelques romans africains. Dans son étude sur la fabrication de l’identité transfrontalière, Diouma Faye identifie un « troisième espace » qui dépasse les frontières problématiques de l’ entre- deux , permettant ainsi aux personnages de « se fabriquer une identité sur mesure » (p. 242). Incontestablement, le numéro 24 de la revue Dialogues francophones , « Représentations du (non)déplacement dans les littératures francophones », dont l’objectif est suivi de près par toutes les démonstrations rassemblées, est une production scientifique de référence. Doctes et audacieuses, les contributions se caractérisent par : une qualité scientifique qui se base sur des analysesminutieusement documentées et des méthodologies variées, des points critiques originaux contextualisés par les références bibliographiques riches, des citations intelligemment découpées et des exemples utiles au lecteur afin que celui-ci puisse suivre la démonstration des hypothèses, une pluralité des perspectives et des grilles d’analyse, une recherche rigoureuse à plusieurs niveaux (complémentaires) de l’esthétique du (non)déplacement : littéraire, linguistique, philosophique, psychologique, politique, géographique, historique, socio-culturel. En attirant l’attention des spécialistes, des lettrés et des chercheurs qui s’intéressent non seulement aux littératures francophones, mais encore à la représentation littéraire du (non)déplacement, le présent volume réussit à enrichir le panorama existant en proposant unmodèle complexe de réflexion fondé sur les multiples facettes du (non)déplacement que les écrivains francophones, « ayant connu souvent eux-mêmes le changement volontaire ou forcé de résidence, inscrivent dans leurs productions littéraires » (p. 12). Claudiu GHERASIM Université de l’Ouest de Timişoara, Roumanie
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