AGAPES FRANCOPHONES 2022
Stéphanie Diane TSAKEU MAZAN University of Virginia, États-Unis _____________________________________________________________ ϭϲϲ passion et la résurrection du Christ. Cependant, la parodie de la passion du Christ s’éloigne de la symbolique du chiffre trois dans la Bible et surtout de l’importance du troisième jour qui marque la résurrection du Christ, ce qui implique sa victoire sur la mort et les forces du mal ainsi que la consolation de la communauté chrétienne. Le silence morbide du percepteur ne se solde pas sur une note méliorative quand il se décide enfin à parler. La raison de sa venue est loin de la bonne nouvelle qui succède à la résurrection du Christ après trois jours passés dans le royaume des morts car, lorsqu’il se décide à briser le silence, c’est pour annoncer sa politique de dépouillement du peuple, à travers le prélèvement de l’impôt. Ce passage laisse sous-entendre que loin de civiliser, le colonialiste exploite et terrorise. Le passage du percepteur dans le village produit le même effet que celui des raids de la police allemande dans la France annexée. Dans les colonies, c’est la volonté du dominant qui prime. Ainsi, les populations sont sommées d’obéir aux ordres comme l’exprime la phrase interrogative « Vous avez bien compris ? » qui a une connotation dictatoriale et paternaliste. Contrairement à la représentation de l’occupant allemand qui comme une nuée de sauterelles se répand et rafle quasiment tout sur son chemin dans les Vosges, dans le cas de la colonisation française en Afrique, les choses sont présentées avec beaucoup de diplomatie. D’abord, unmessage est envoyé pour prévenir les populations de l’arrivée du précepteur. Après son arrivée, il ne fait cas de la raison de sa visite que lorsque les populations le lui demandent. De plus, il offre l’opportunité aux populations de payer en nature ou en espèces. L’expression « vous pouvez donner ce que vous voulez », transforme ainsi l’impôt qui spolie et affame les peuples annexés en offrande, en un don volontaire. Seulement, le narrateur joue subtilement avec les pronoms personnels « il » et « on » pour montrer en fait que la déclaration du percepteur « vous pouvez donner ce que vous voulez » signifie en réalité « vous devez impérativement donner ce que vous avez » quand le narrateur dit : « On fouilla les greniers et les parcs pour lui apporter ce qu’il voulait. » Le pronom personnel « il » employé dans la dernière proposition de cette phrase substitue et subtilise le pronom indéfini « on » qui aurait pu être employé pour souligner la volonté du peuple de verser la taxe d’occupation. Cette situation permet de déduire que c’est la volonté du dominant qui prime. Cette interrogation a une connotation paternaliste en ce sens que ce sont les parents ou les éducateurs qui ont l’habitude de poser cette question pour marquer leur autorité face aux jeunes dotés d’un caractère difficile. L’emploi de cette formule présage une punition assez sévère si l’ordre est enfreint. Les cas d’exactions sur les populations résistantes pendant la colonisation sont légion. Parler de l’annexion d’une partie du territoire français par l’Allemagne et de la colonisation française en Afrique déconstruit la prétendue mission civilisatrice et expose les affres de cette entreprise déshumanisante dont les aspects positifs de façon surprenante sont enseignés à l’école française. L’auteur qui donne d’amples détails dans le cas de l’annexion allemande qui ne dure que quelques années, comparée à la colonisation française en Afrique
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