AGAPES FRANCOPHONES 2022

Georgiana I. BADEA, Lavinia TEC Université de l’Ouest de Timi ş oara, Roumanie _____________________________________________________________ 28 communication interculturelle, les réseaux relationnels en présence et l’intercompréhension. Cette approche pluridisciplinaire effleure une partie des façons et techniques de clamer le politiquement (in)correct. L’assujettissement des actes, discours ou propos à la norme – à l’idéologie ? – du politiquement correct se traduit par des retombées qui d’un côté singularisent la Vie dans tous les aspects qu’elle prend, alors que de l’autre, elles les discriminent. Particularité et forme identitaire, le politiquement correct déconseille une discrimination, détourant un style de vie et de parole qu’il bannit au profit d’un autre (Munier 2017). En théorie pourtant, son principe fondamental préconise une diversité socioéthique et une complémentarité des comportements. Cependant le binarisme linguistique (binaire vs non-binaire) qu’appréhende le politiquement correct est bien loin de l’objectivité du langage binaire de l’ordinateur. En revanche, il est plutôt proche de la subjectivité des algorithmes qui gèrent l’écriture inclusive des logiciels – par exemple, WORD, 2017 (Sleator 2022, Mercante 2017). Derrière le système binaire se cache un système issu d’une intelligence humaine ; conséquemment, le binarisme du langage d’ordinateur aurait une ressemblance basique avec un anicien manichéisme de la pensée et, par extrapolation, de l’expression – actuellement, dire ou ne pas dire, telle serait la question. La Journée mondiale contre la censure sur internet 2 n’est qu’une prise de conscience d’une revendication, à savoir l’impérieux recadrage de la numérisation binaire lorsqu’on traite de la pensée conformée et de la pensée non conforme aux normes du politiquement correct. Somme toute, une langue non binaire, ici le français non binaire, serait censée mettre fin à cette crise de l’expression et de l’identité (v. Ashley 2019, cf. Ferry 2022). Saurait-on (lire « les programmateurs des logiciels, applications ») envisager un métamodèle comportemental, de pensée et d’expression que nous tout.tes emprunterons pour sortir de cette crise ? 1. Le politiquement correct comme « affaire » transdisciplinaire : au-delà du linguistique et du numérique L’univers et le métavers ou la scission de l’humanité se répercutent sur les comportements humains et renvoient à une division des discours et des instances émettrices. Générant deux catégories étiquetables par les syntagmes « politiquement correct.es » et par son contraire, ces discours et instances, en tant qu’objet d’étude, permettent d’examiner l’impact d’une série de règlementations encadrant ce phénomène et ceux qui en dérivent – le cancel culture et l’appropriation culturelle –, de même que les effets éveillés par la mise en œuvre de certaines stratégies de non-discrimination. C’est ainsi qu’on a pu observer que des conséquences concrètes percutent les produits culturels et civilisationnels au même titre que la socialisation numériquement mondialisée. Quel que soit le cadre, on est tenu de respecter des normes de conduite (codes langagiers, coutumes et références culturelles communes ou 2 Annuellement, le 12 mars, l’association Reporters sans frontières (RSF) célèbre la « journée mondiale contre la censure sur internet ».

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