AGAPES FRANCOPHONES 2022

Affaire transdisciplinaire du politiquement in.correct. Sur la numération binaire, le français non-binaire et sur le discours de la non.binarité _____________________________________________________________ 29 non, codes de travail, etc.) et des normes de valeurs minimales. Dans les circonstances que nous examinerons, lorsqu’on récuse tel ou tel code langagier on trahit la cause présomptive que l’on veut défendre. D’abord pragmatique et communicative, celle-ci est susceptible de se nuire elle-même par trop d’emphases et de périphrases qui desservent le politiquement in.correct. Moyennant des faits sociétaux et extrêmes-contemporains, des décisions éditoriales d’imprimer ou d’ostraciser des littératures du monde, nous commenteront ces normes en adoptant un point de vue qui se situe au-dessus des déterminismes, contingences et indéterminismes du politiquement (in)correct. L’intention (esthétique) de parler, d’écrire, de dessiner ou de caricaturer correctement et, donc, d’aplanir ou de diminuer des discourtoisies remonte à l’Antiquité ; de même que la technique d’embellir une péroraison, un débat, un texte ou une image. Au même degré, on constate que cette intention et la technique connexe se retrouvent dans l’acte de traduire. La traduction « enjolivante » est appelée à revivifier des stratégies d’écriture anciennes et à les faire couler dans lemoule du présentéisme. Le long du temps, ces stratégies discursives et traductives furent tantôt louées par la critique et appréciées par le public ; tantôt foudroyées. Universelle, comparée, nationale, écrite par des vainqueurs ou des vaincus, l’Histoire avertit que les réfractaires à l’application des normes et de nouvelles mesures font l’objet de répressions. L’affaire est tellement complexe que nous effleurons à peine la question de différenciation entre les anciennes pratiques de censure 3 et d’autocensure et leurs configurations actuelles (Ballard 2011). Leur survol est fait exclusivement dans la perspective d’étude des normes de non-discrimination, qui est détaillée et approfondie dans des ouvrages centrés sur l’interdisciplinarité et la transdisciplinarité (Veyron 1995, Melkevik 2016, Comte-Sponville et Lecourt 2016, Le Manuel de non-discrimination 2018, Bock-Côté 2020, Glossaire de PE 2020, Badea et Tec 2021). Ces méthodes de surveiller et, souvent, d’espionner l’expression servent à adopter une approche à double sens : l’un qui impose une autorité politiquement ou moralement correcte et l’autre qui révèle les failles d’un phénomène à double tranchant qui connaît son histoire à lui : « En soi, le « politiquement correct » est un faux problème. Il n’a de consistance que les discours de ceux qui le prennent pour cible. Personne n’est politiquement correct, puisque personne ne s’en réclame. Inversement, se dire « politiquement incorrect », c’est s’appuyer sur une base solide : celle de la liberté de penser, au-delà de toutes les identités prêtes à porter, de tous les discours autorisés. « Politiquement incorrect » est un label, la position politique juste, qui sait se moquer du politique dans ce qu’il a d’irrésistiblement « convenable ». » (Mangeot 1997, 57) 3 Il s’agit de toute forme de censure à même de gangréner la liberté d’expression: censure à priori (avant la publication) ou censure à posteriori (interdiction d’une publication) ; censure idéologique ou économique ; censure linguistique (tabou) ou sémiotique (interdiction du port de banderoles) ; censure informatique, etc.

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