AGAPES FRANCOPHONES 2022

Georgiana I. BADEA, Lavinia TEC Université de l’Ouest de Timi ş oara, Roumanie _____________________________________________________________ 30 On a pu observer que, depuis les années ‘90 à présent, ce phénomène s’est progressivement réduit aux clivages bonne conduite /mauvaise conduite et discrimination positive /discrimination négative, alors qu’il ne s’agit que de discrimination tout court. Le phénomène est en expansion et renforce la tendance à genrer l’histoire et à l’exploiter subséquemment, selon le parti pris. Il sert à confirmer le fait que la loi du plus fort est un héritage antique. Il est raisonnable de supposer que d’autres attestent qu’à la même époque on combattait contre ce préjugé. On a coutume de faire remonter les racines de cet égalitarisme au discours paulien : « Il n’y a plus ni [J]uif ni [G]rec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, car tou[te.]s, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. » (Paul, Ga 3, 28) Or il est question d’égalité et de liberté : sous un même ciel, plusieurs religions et tous les êtres humains. Le conformisme de pensée équivaudrait à « plafonner » à bon escient la capacité de penser d’un être humain, aussi bien que sa capacité de se penser en raisonnant, avec des mots, en images et même par des sensations somatiques. Les gains et les pertes ne viennent pas du phénomène politiquement correct, mais de l’abus qu’on en fait, en le proclamant comme idéologie ou, d’après d’autres, comme religion. Les métafrontières de la correction politique et celle de l’incorrection politique se meuvent, se recomposent et se redéfinissent sans cesse – à commencer par le pluralisme religieux antique qui fournit des circonstances concurrentielles. 4 2. Langage binaire de l’ordinateur, politiquement incorrect ? 2.1. La conception manichéenne correct-incorrect est remise en question nuit et jour. Les historiens ont établi qu’elle remonte à l’Antiquité romaine : « la différence physique entre les deux sexes, qui sert d’argument aux juristes romains pour employer un vocabulaire discriminatoire par rapport à la femme ( leuitas animi, imbecillitas e infirmitas sexus …), est un préjugé qui n’a aucun fondement dans la nature et s’appuie sur les mores. » (Quadrato 2001, 191) De la différence entre les êtres humains passons à la différence entre les langues et la particularité de chaque langue de représenter la réalité. On ne pourrait pas mettre en doute l’existence des traductions nombreuses de la Bible . Manifestement, le phénomène de retraduire la Bible qu’on rencontre 4 Ce n’est qu’un exemple relatif au politiquement correct et la discrimination dans l’histoire de l’humanité. Des religions majoritaires et minoritaires coprésentes et en compétition, celles qui ont su s’organiser en associations et réglementer leur pratique se sont imposées. Tel est le cas du christianisme, religion discriminée dans l’antiquité et minoritaire, située en dehors des cultes orientaux, avant qu’il devienne une religion majoritaire.

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