AGAPES FRANCOPHONES 2022

Tatiana-Maria CERNICOVA-DRAGOMIR Universite de l’Ouest de Timi ş oara, Roumanie _____________________________________________________________ ϱϲ penser qu’il s’agit de la même force frontalière qui, depuis des mois, à une petite distance au nord, le long de la même frontière orientale, repousse violemment les demandeurs d’asile de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan qui tentent franchir la frontière depuis la Biélorussie. C’est la même force frontalière qui, au lieu d’offrir une touche bienveillante et un sourire réconfortant, a brutalement battu les réfugiés d’Alep, eux aussi victimes des bombardements de Vladimir Poutine. A Przemy ś l, les Ukrainiens se voient servir des boissons chaudes. À la frontière biélorusse, au moins 19 migrants sont morts dans les forêts glaciales. » 8 Dans le cas de l’Ukraine, l’UE a pris des mesures immédiates pour faire face à la crise, en déployant des fonds pour soutenir les pays de première ligne et en activant la directive sur la protection temporaire (« TPD ») 9 pour la première fois depuis son entrée en vigueur en 2001. Pourtant, cette réaction rapide pourrait s’interpréter comme un effort pour protéger les Européens, et non comme une étape vers une protection plus large des migrants. Cette conclusion est également étayée par le fait que l’UE a été appelée à déclencher la TPD auparavant, en 2011 (après un afflux de migrants fuyant la Tunisie et la Libye) et en 2015 (après la crise des réfugiés syriens), mais ne l’a jamais fait avant que la guerre en Ukraine n’ait éclaté. 10 II. Méthodologie Les méthodes de recherche employées dans cette contribution sont de nature qualitative, censées établir les faits et cerner la réaction politique et juridique des États membres de l’UE qui partagent une frontière avec la Biélorussie, ainsi que la réaction politique et juridique de l’UE. Une analyse ultérieure aura pour objet d’évaluer la cohérence et l’homogénéité des mesures prises par les organes de l’UE dans le contexte donné, pour évaluer si celles-ci suivent le discours politiquement (in)correct sur le thème de la migration. Les informations concernant le contexte factuel ont été recueillies en examinant la couverture médiatique des événements de la crise frontalière entre l’UE et la Biélorussie. Dans le traitement des données quantitatives, ont été consultées les bases de données officielles de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex). Les opinions et déclarations 8 Lorenzo Tondo, « Embraced or pushed back: on the Polish border, sadly, not all refugees are welcome », The Guardian , 4 mars 2022. (https://www.theguardian.com/global- development/commentisfree/2022/mar/04/embraced-or-pushed-back-on-the-polish- border-sadly-not-all-refugees-are-welcome). (consulté le 20 novembre 2022). 9 Union européenne, Directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l’octroi d’une protection temporaire en cas d’afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil, OJ L 212, 7.8.2001 . 10 Meltem Ineli Ciger, Suleyman Demirel, « Reasons for the Activation of the Temporary ProtectionDirective in 2022: A Tale of Double Standards », ASILE Project, 6 octobre 2022 (https://www.asileproject.eu/reasons-for-the-activation-of-the-temporary-protection- directive-in-2022-a-tale-of-double-standards). (consulté le 20 novembre 2022).

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