AGAPES FRANCOPHONES 2022
Sur le destin du langage, du droit et de la justice à l’heure actuelle : « All a penis is, is just a large clitoris » _____________________________________________________________ ϵϭ être aussi décelée au sein des établissements qui forment les futurs juristes, sachant que les jeunes étudiants y sont invités à mettre en doute l’importance de ces mêmes principes (Zaretsky 2021). Je crains que cette mode d’investir idéologiquement la justice et d’en réformer les principes garants de son équidistance n’ait un effet dévastateur à long terme, notamment sur les droits et libertés fondamentales de l’individu ; le risque majeur qui en découle est de faire de la justice l’instrument d’une dictature, quelle qu’elle soit. De plus, ce que les courants idéologiques du politiquement correct tendent à éroder va au-delà du principe de neutralité (équidistance, universalité) du droit. Dernièrement il y va de plus en plus souvent d’autres repères, que l’on avait l’habitude de considérer comme sacrés : la présomption d’innocence, le droit à la défense de toute personne, la charge de la preuve qui incombe à l’accusation, l’égalité de tous devant la loi, sans distinction d’aucune nature, les mécanismes démocratiques d’adoption des normes juridiques, etc. Malheureusement, des affaires récentes présentent de nombreuses anomalies découlant des immixtions flagrantes des nouveaux dogmes de la cultures woke dans le domaine du droit : de violentes protestations et des accusations portées contre des avocats (parmi eux, des professionnels réputés ou des universitaires respectés) qui ont eu l’« audace » d’invoquer certains principes sacrés tels le droit de la défense et la présomption d’innocence ou la défense des personnes déjà coupables aux yeux de l’opinion publique (Sibarium 2022c ; Ţ uc ă Al., s.d.) ; les pressions auxquelles sont soumis les avocats dans le but de leur faire refuser des mandats d’assistance juridique (ou d’y renoncer) pour des raisons idéologiques (Taylor et Mahtani 2021) ; l’autocensure dans le milieu académique et l’évitement des débats sur des questions relatives au droit, sujettes à « controverse » ou suggérant des infractions perpétrées par des membres de différentes minorités, religieuses, raciales ou sexuelles ; l’adoption de normes qui renversent les principes classiques présidant la production des preuves (surtout dans les cas d’agressions sexuelles), par le transfert sur l’accusé de l’obligation de prouver le consentement de l’accusateur « sur toute la durée de l’acte sexuel », ce qui revient à une véritable probatio diabolica (Kruth 2015) ; la reconfiguration du droit à l’autodéfense, par exemple dans l’acquittement d’un jeune homme de couleur, auteur d’un meurtre, sous prétexte qu’il avait été provoqué et insulté (donc se trouvant en situation de « légitime défense » !) et que l’accusation avait été fondée sur des considérations de haine raciale (Spencer 2019) ; la promotion des idéologies de genre dans les facultés de droit et l’inclusion de l’obligation de combattre le racisme parmi les devoirs des avocats (Sibarium 2022a) ; le traitement plus indulgent réservé au violateur qui, même s’il présente des organes sexuels masculins, prétend être femme (Peters 2022 ; Bartosch 2021) ; la suppression de plus en plus évidente de la liberté d’expression sous prétexte qu’elle est susceptible d’être empreinte de « haine » ou de constituer un « discours d’incitation à la haine » (Sibarium 2022b) ; les objections des grandes corporations contre certains actes normatifs – adoptés suivant des mécanismes démocratiques – qui ne sont pas conformes à la nouvelle idéologie progressiste (par exemple, la contestation
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