AGAPES FRANCOPHONES 2023

Métou KANÉ Université Félix Houphouët- Boigny Abidjan, Côte d’Ivoire 248 de la colonisation » (1984, 186). À cet effet, la Négritude se présente comme le moyen par lequel les opprimés noirs se dressent contre les torts infligés par les colons. Quoi de plus illustratif que ces propos de Georges Balandier, soulignés par Jacques Chevrier : La Négritude lutte d ’ abord contre l ’ acceptation de cette infériorité. Elle manifeste l ’ orgueil et la dignité retrouvés en face de la prétention européenne à faire la loi. Mais elle veut davantage et par là redevenir générosité. Elle veut apporter un enseignement dont les sociétés mécanisées et encombrées de leurs sacrifices ont perdu le souvenir. (1974, 186) De manière globale, les difficultés des peuples colonisés du monde en général et, en particulier, celles des Noirs émanent d ’ une différence de situation. Ils sont soumis ; c ’ est-à-dire réduits au statut de colonisés, non pas pour la couleur de leur peau mais à cause de leur infériorité technologique. Et comme cette situation ne change pas avec l ’ avènement des indépendances, les conditions de ces peuples, surtout celles des Noirs, ne s ’ améliorent guère. Ainsi, ce qui était hier la colonisation se meut sous une nouvelle approche politique. Des régimes autoritaires qui musellent leurs populations. 1.2. L ’ indépendance et ses travers Dans le courant de l ’ année 1960, un grand nombre de pays africains accèdent à l ’ indépendance. Si l ’ histoire est marquée par cette évolution du contexte politique, cependant, elle n ’ enregistre pas une incidence positive de changement de statut sur le vécu quotidien des populations de ces États africains à peine indépendants. Dans ces conditions, la problématique de l ’ existence reste, pour le peuple noir africain, une équation irrésolue. Dès lors, l ’ indépendance, ayant suscité tant d ’ espoirs, ne signifie plus aisance pour l ’ ex-colonisé noir. Les dirigeants des jeunes États africains sont pour la plupart des autoritaires par euphémismes. À la réalité, ces régimes sont de véritables dictatures. Simon-Pierre Ekanza le souligne si bien : À la fin des années 80, la preuve était faite que les régimes autoritaires, loin de redresser la situation de leur pays, l ’ avaient au contraire aggravée. Une évolution se produisit en faveur d ’ un retour aux régimes civils et d ’ une libéralisation des institutions. Les États autocratiques comme la Lybie ou le Soudan devinrent l ’ exception sur le continent. (2014, 75)

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