AGAPES FRANCOPHONES 2023

Michele BEVILACQUA Université de Salerne, Italie 276 Sur la base de ces considérations, notre étude vise à examiner, par le biais des outils lexicographiques et des exemples tirés du système de gestion et d’analyse de corpus Sketch Engine, le processus pragmatique de resignification de l’insulte « pédé » en fonction du contexte discursif, afin de montrer que l’emploi et la réappropriation d’insultes par des membres d’un groupe social discriminé permet de comprendre que le contexte d’utilisation ne pose aucune interprétation discriminatoire des insultes en que stion. De fait, à l’occasion des combats pour l’égalité des droits, le personnes LGBT Q+ ont récupéré et réinvesti ces mots afin de les transformer en étendards revendicatifs, comme on peut le vérifier à partir des résultats de notre analyse. 1. Politesse et impolitesse linguistique : le cas des « slurs » Catherine Kerbrat-Orecchioni (2005, 189) définit la politesse en tant qu’« ensemble des procédés conventionnels ayant pour fonction de préserver le caractère harmonieux de la relation interpersonnelle, en dépit des risques de friction qu’implique toute rencontre sociale ». Il s’agit d’un e notion que l’on peut employer dans la perspective du langage commun et dans celle du langage scientifique. Dans la perspective du langage commun, on explique la politesse comme un ensemble de règles établies par la société contribua nt au développement d’ actions « polies » et interdisant celles « impolies ». I l s’agit d e règles verbales ainsi que non verbales. De cette manière , on privilégie l’harmonie des relations sociales et, conjointement, on évite les conflits entre individus (Lacroix 1990 ; Montandon 1995 ; Picard 1995 ; Pruvost 2022). Du point de vue du langage scientifique, la politesse linguistique est un cadre de recherche du domaine de la pragmatique qui remonte à la fin des années 70, quand on donne de l’importance à la politesse notamment dans le cadre des échanges verbaux car elle contribue à créer des relations sociales satisfaisantes et à intervenir dans les conflits causés par le biais des objectifs qu’ont les interlocuteurs pendant des interactions verbales. Pourtant, c’est dans les années 80 et 90 qu’on commence à étudier la politesse du point de vue de la pragmatique. Entre ces travaux, il faut mettre en évidence ceux qui montrent les règles de politesse déterminant la communication linguistique. Robin Lakoff (1973) définit, à

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