AGAPES FRANCOPHONES 2023
Jean-Pierre GABILAN Université de Savoie Mont-Blanc, France 302 le 25 août 1944 à 15h30 », le responsable politique, lors de la commémoration du même événement, s’exprimera comme suit : « Le vendredi 25 août 1944, à 15h 30, le généra l Philippe Leclerc de Hauteclocque r ecevait à Paris, devant la gare Montparnasse, la capitulation des troupes d’occupation de la capitale. ». On comprend ainsi que le recours à l’imparfait, loin de coder le moindre aspect inaccompli, confère à la relation sujet-prédicat un statut repris/ non assertif. L’énonciateur ne pose pas des données, il ré-utilise des éléments qui ne sont plus porteurs d’informations premières. J’en viens aux faits : Ce matin, un peu avant onze heures, alors qu’ils rentr aient d’un footing à Carcassonne, quatre CRS ét aient pris pour cible à deux cents mètres de leur caserne par un individu monté à bord d’une Opel Corsa blanche. Cet individu tir ait à plusieurs reprises dans leur direction, et bless ait l’un des fonctionnaires. Six douilles ét aient retrouvées sur les lieux des faits. L’auteur des faits pren ait la fuite avec son véhicule, peu après des détonations ét aient signalées à l’intérieur du Super U de la commune de Trèbes, situé à quelques kilomètres, et à l’intérieur duquel se trouv aient au moment des faits une cinquantaine de personnes. Les premiers éléments de l’enquête permettent d’établir que l’auteur des faits est entré dans le magasin Super U en criant « Allah akbar » et en indiquant qu’il ét ait un soldat de l’état islamique. Se disant prêt à mourir pour la Syrie il sollicit ait la libération de frères, avant de tirer sur un client et un employé du magasin, qui, tous deux, décéd aient sur place. Les otages ét aient libérés, dans le cadre d’une négociation, au terme de laquelle le colonel du groupement de gendarmerie de l’Aude, échange ait sa place avec celle des otages. L’auteur sort ait alors du supermarché, en menaçant le colonel de gendarmerie avec son arme, sollicit ait la remise d’un chargeur, et menaç ait de tout faire sauter en cas d’intervention des forces de la gendarmerie. Il se retir ait alors ensuite dans le supermarché. Dans des circonstances qui restent à préciser, il tir ait alors à plusieurs reprises sur le colonel qu’il bless ait très grièvement. Ces tirs déclench aient alors l’assaut du GIGN qui neutralis ait l’auteur des faits à 14h20. Deux gendarmes du GIGN ont été blessés au cours de cette opération. (Conférence de presse du procureur Molins, le soir du 23 mars 2018, après les attentats de Carcassonne et de Trèbes – 4 personnes tuées – sur la chaîne de télévision BFM) Ce qui frappe dans l’extrait de l’allocution du procureur est l’abondance d’énoncés sous le sceau de l’imparfait. Une fois que l’on aura épuisé les affixes – imparfait narratif, imparfait journalistique etc. – rien n’aura encore été dit du recours à l’imparfait dans ce genre de contexte. On ne peut en effet que constater que chaque fois qu’une telle narration est effectuée, alors qu’il est patent que les événements relatés sont d’ores et déjà (censés être) connus du public, l’imparfait s’impose. On note en revanche que tout élément non encore (censé être) connu du
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