AGAPES FRANCOPHONES 2023
384 n ’ ont pas affectent pour autant la Belgique, même si chacun parle sa langue, sans complexe aucun (ni supériorité, ni infériorité) et il existe de plus en plus de gens qui, s ’ ils éprouvent des difficultés à se parler, en arrivent cependant à se comprendre de mieux en mieux et que le malaise d ’ être Belge est devenu une grande fierté : « [ … ] une interculture est née dans une aire d ’ intersection courageuse et pacifiste qui s ’ appelle littérature et où l ’ on n ’ entend plus le fameux "accent belge" ». Le dilemme linguistique se traduit dans la dichotomie être (se sentir) flamand ou être (se sentir) wallon vs écrire en français. Le dilemme culturel se fonde sur le modèle gravitationnel : le centre (la France et Paris) vs la périphérie (la Belgique et les littératures francophones, marginales, régionales), modèle régi par des forces centrifuges et centripètes (15) Le voyage livresque de Carmen Andrei débute par le XIX e siècle , siècle où s’installent les premiers maîtres, artisans d’une esthétique belge, Charles De Coster, auteur de Till Ulenspiegel (la deuxième partie du livre ) , avec la première épopée nationale dont le héros est un paysan espiègle flamand, de la première œuvre canonisée dans les lettres belges et Camille Lemonnier, représentante du naturalisme et de la picturalité flamande. Nous sommes hébergés par la suite au royaume du théâtre (la troisième partie) – considéré comme le miroir spéculaire de l ’ identité plurielle – où se représentent en scène le seul nobéliste belge, Maurice Maeterlinck, innovateur du théâtre symboliste, théoricien du drame statique, de la pure intériorité, et Michel de Ghelderode, un autre révolutionnaire de la poétique dramatique dans sa veine flamande. Le théâtre de tous deux se fonde sur la paradoxale contradiction de la double appartenance culturelle. Comme un intermezzo, l ’ entre-deux-guerres surréaliste, surpris en posture humoristique avec Achille Chavée, nous est présenté comme la découverte de l ’ humour noir, « arme » de prédilection surréaliste. André Breton soutien avec son volume Anthologie de l ’ humour noir les ressorts notionnels de la littérature de l ’ avant-garde belge marquée par les significations assez controversées de l ’ humour noir (accueilli différemment, en fonction des sensibilités des récepteurs et des « arrière-plans culturels, intellectuels, éducationnels, émotionnels, etc. »). Le refus de la parole et la littérature inclassable est vu comme un itinéraire spirituel dans la poésie de François Jacqmin qui déambule dans les vagues du romantisme anglaise « seule
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=