AGAPES FRANCOPHONES 2023

Siriki OUATTARA Université Félix Houphouët- Boigny, Côte d’Ivoire 74 dynamique de profanation du sacré dans cette œuvre. Justement, « Le symbolisme des formes », mentionne que le cercle prend bien souvent le sens de perfection. Sa lecture de cette figure géométrique indique que son centre, représentant le premier, désigne encore « l ’ unité, l ’ éternité et la perfection, l ’ homogénéité, l ’ absence de distinction ou de division » (Anonymous, 2014). Dans certains cercles ésotériques, cette forme géométrique doit surtout « protéger contre les forces du mal les personnes qui se trouvent à l ’ intérieur » (Anonymous, 2014). En ce sens, il désigne le domaine de stabilité, d ’ éternité où il ne doit exister ni opposition ou contradiction ni changement. L ’ enfermement qui le caractérise assure le maintien de la distance nécessaire à la préservation de son caractère saint et de ses contenus (Hommes, choses, actes et actions y devant avoir lieu). Le rayon séparant le centre de la circonférence balaie la superficie de l ’ aire du sacré. Sur le plan métaphorique, si l ’ Évêque Serge Merelbeke et son clergé représentent le centre de l ’ Évêché d ’ Exeter et le territoire occupé par les « cent tentes dressées près des entrées » (LR 18), la circonférence, la superficie s ’ étendant entre les deux extrémités est bien celui du sacré, de l ’ immaculé au sein duquel se manifeste la sainteté. De telles précautions visent, de toute évidence, à montrer que tout ce qui se tient à l ’ intérieur de ce sanctuaire est incontestablement tenu pour sacré, pur et digne de considération. À l ’ inverse, toute personne, toute chose ou tout comportement se trouvant hors de ces limites est qualifié de profane , d ’ impur. Le passage ou l ’ admission des éléments du profane dans l ’ enceinte de l ’ espace sacré conduit inévitablement à le souiller. C ’ est bien une telle séparation qui est explicitée dans la traduction que la Bible donne de ce terme par l ’ hébreux des rac. khâlal (=souiller) et khânéph (=être souillé), et l ’ adjectif gr. bébêlos avec ses dérivés. Celui-ci correspond assez exactement au latin prof anus , car bêlos désigne le seuil : qui franchit indûment le seuil d ’ un lieu sacré le souille, c ’ est donc un profane. ( Dictionnaire biblique de Top Bible ) Un tel dispositif spatial garantissant l ’ échec de tout acte répréhensible en cette demeure se trouve renforcé dans Les Revenentes par l ’ application de l ’ écriture de la contrainte. La pureté, essence des lieux sacrés, se manifeste dans ce roman par le choix d ’ une pratique scripturale utilisant uniquement la voyelle « e », symbole du « Un » renvoyant au Seigneur régnant

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