AGAPES FRANCOPHONES 2023

Siriki OUATTARA Université Félix Houphouët- Boigny, Côte d’Ivoire 86 sexuelles, constitue un excellent procédé de désacralisation de l ’ Évêché soulevant ainsi en sourdine la problématique de l ’ être et du paraître des prélats. Ici, leur pratique de la sexualité les rend en quelque sorte profanes puisqu ’ ils épousent les comportements des hommes ordinaires. On comprend aisément qu ’ ils ne peuvent pas, en de telles circonstances, être des modèles à suivre. La position de Perec sur cette question est nette dans l ’œuvre : ce sont les religieux qui imitent les faits des profanes comme on peut le noter dans le présent dialogue entre Estelle et l ’ évêque : -Très chère enfent, fêt l ’ Evêqe, ne te désespère ! Tes brenlettes m ’ enchentent, mets je sens qe je te pèse et te permets de chercher qelqe verge enchenteresse ! […] – Z ’ ètes schwette, Emeenence, repleeqe Estelle, et ne me pesez ! [ …] Mets cette Excellence me permet-elle de l ’ éder de qelqe recette secrète ? […] – Le strétégème ne me plêt ggere, chère enfent, mets j ’ hémerè tellement te bézer que je le feré. (LR 102-103) L ’ affirmation de la sexualité des hommes en soutane que l ’ on découvre chez cet auteur met au jour leur hypocrisie, leur perversité qu ’ ils prennent soin de dissimuler sous leur tenue et à l ’ intérieur des sanctuaires. Dans une telle compréhension de la stratégie scripturale adoptée, ce roman semble être « inspiré par le rire de Dieu » (Kundera 1986, 193) se moquant d ’ eux comme de la situation des Juifs (symbolisés par e → eux ) lors du génocide perpétré par les nazis. Par cette représentation de la sexualité à l ’ Église, la visée narrative de cette œuvre reste la contradiction des normes et des certitudes du christianisme et la traduction du ressentiment enfoui en son auteur, l ’ étouffant au point de se muer en un condensé de blasphèmes consignés dans le corpus. 3. Valeur idéologique de la profanation L ’ intention de Perec est de décrire non seulement l ’ atrocité de la Shoah dépassant l ’ entendement humain, subie par les siens (que l ’ on songe à la métaphore de la disparition de toutes les autres voyelles du roman), mais encore d ’ amener ses contemporains à mesurer l ’ intensité de la douleur produite par sexe car Perec aurait bien pu choisir un possible narratif différent, évitant l ’ accomplissement du forfait. En outre, de la page 113 à 120, Tencrèce donne à la partie de partouze une allure érotique à travers un dément édifice de forme circulaire avec tous les membres du « pense-fesses ».

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