AGAPES FRANCOPHONES 2024

Préambule _____________________________________________________________ 8 l’humain et le rationnel, se mue ici en un espace de méditation éthique et environnementale. Dans « Variations de la violence au masculin dans la littérature féminine issue de l’immigration maghrébine », Ioana-Maria Marcu propose une analyse fine des personnages masculins dans un corpus d’écrivaines de la deuxième génération. Ces œuvres – de Ferrudja Kessas à Faïza Guène – sont parcourues par une violence masculine multiforme, souvent exercée dans le cadre familial, mais aussi par des transformations récentes des figures paternelles. L’article met en évidence l’évolution des rôles genrés, la reconfiguration des liens familiaux et les tensions identitaires qui en découlent. L’étude d’Omar Benjelloun, « Quand le masque de la douceur cache la douleur de la fracture », propose une lecture du roman Chanson douce de Leïla Slimani, en analysant la tension entre l’apparente douceur du personnage de la nourrice et la violence psychique et sociale qui l’habite. L’article interroge la représentation de la fragilité humaine, de l’exclusion sociale et des non-dits affectifs dans une société en apparence apaisée mais profondément inégalitaire. Dans « Partition dynamique, partition déroutante et jouissance textuelle chez Assia Djebar et Alain Mabanckou », Salma Lahraoui examine les procédés stylistiques et narratifs utilisés par ces deux auteurs francophones pour déconstruire les récits dominants et inscrire l’oralité, la mémoire et le corps dans l’espace littéraire. Elle démontre comment ces écrivains mobilisent une esthétique du fragment, du rythme et du polyphonique pour proposer une nouvelle manière de dire l’expérience postcoloniale. Dans leur article « Sortir de l’africanité, un défi pour la littérature francophone africaine. Le cas d’Alain Mabanckou », Marcel Taibé et Koye Samedi s’attaquent à une question polémique : la possibilité, pour un écrivain africain d’expression française, de s’émanciper du cadre identitaire de « l’africanité ». À travers une lecture des textes de Mabanckou, ils montrent comment l’auteur défie les assignations culturelles et propose une littérature libre, en prise avec les enjeux universels, tout en conservant une voix singulière et enracinée. L’article de Douadélet Camus Mecasson, « Révolte et résilience dans Coups de pilon de David Diop », propose une relecture du roman sous l’angle des tensions entre résistance politique et survie personnelle. L’auteur analyse la construction des personnages pris dans le tumulte colonial, ainsi que les mécanismes de résilience mis en œuvre face à la violence systémique. Il montre que la parole littéraire devient elle-même un acte de révolte. Dans le domaine de la linguistique, Dago Michel Gnessote signe une étude originale sur « l’esthétique de la transgénéricité du proverbe et du chant chez les Dida de Côte d’Ivoire ». En explorant les croisements entre formes orales et écriture, il montre comment le proverbe devient 8

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