AGAPES FRANCOPHONES 2024

Douadélet Camus MECASSON _____________________________________________________________ 100 sont en déclin. Les termes métaphorisants le traduisent bien dans la mesure où, des cinq continents qui composent la planète Terre, l’Afrique abrite la race sensiblement différente des autres. La race noire est la seule au milieu des autres races très proches les unes des autres par le pigment (fleurs blanches). De par leurs situations géographiques, l’Afrique est entre « au milieu de » l’Europe, l’Asie et l’Amérique. Du point de l’histoire et des civilisations, l’Europe est dite le « vieux continent » et le berceau des civilisations; d’où « fleurs blanches fanée ». Au total, Diop construit une métaphore filée à la limite d’une hypotypose de l’univers végétal qui décrit toute la dialectique des forces antagonistes, d’un côté les bourreaux qui manœuvrent à perpétuer la domination, et de l’autre, les victimes qui luttent pour obtenir la liberté et l’égalité. Il exprime, cependant, sa foi quant au triomphe des dernières, les porte-étendards de la liberté et l’égalité, incarnés par l’Afrique. L’espérance du poète est, par ailleurs, symbolisée par la lumière. III . 2. La symbolique de la lumière David Diop fonde encore son espérance sur la magnificence de la nature africaine principalement marquée par la lumière. Dans Coups de pilon , en effet, la lumière naturelle est évoquée pour symboliser à la fois le bonheur et la libération. Le bonheur, état de bien-être et de satisfaction totale, est naturellement matérialisé dans Coups de pilon par l’image allégorique de la lumière. C’est ainsi que l’œuvre poétique nommée est inondée de lumière naturelle. En fait, David Diop, dans ses cris de révolte, exploite cette vertu lumineuse de la nature pour restaurer le peuple noir en pleine désolation coloniale. Nous entendons préciser que la lumière dont il s’agit, ici, est celle naturelle, souvent représentée par des éléments naturels dont « le soleil », « la lune », « les étoiles », « la flamme », « l’éclair », etc. Amadou Diallo reconnait que cette lumière « incarne constamment cet éclat sublime qui, depuis toujours, fait l’objet de représentations et d’utilisations multiples » (2011, 103). La réalité abstraite traduite par cet élément concret qu’est la lumière est le bonheur que le monde noir procure au nègre. C’est pourquoi David Diop ne manque pas de rappeler cette lumière de joie festive présente dans les vers suivants : Ton sourire ma négresse est une étrange fourmilière /Où dansent mille la langue de soleil (« Ton sourire », 51) Le soleil dansait sur ma peau d’ébène (« Tam-Tam », 62) Le soleil de ton pays n’est plus qu’une ombre // sur ton front serein de Civilisé (« Le Renégat », 19) C’est la tornade qui tremble // dans ta chair de nuit d’ éclair (« Rama Kam », 27) Et ton rire comme la flamme trouant l’ombre […] Les jours qui étincellent de joie renouvelées (« Auprès de toi », 22) « Le soleil et les étoiles // dessinent le rythme fraternel des peuples (« Certitude », 26) 100

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