AGAPES FRANCOPHONES 2024

Dago Michel GNESSOTE _____________________________________________________________ 116 nettement des autres naissances ordinaires. Avec cette naissance exceptionnelle, la commémoration des jumeaux apparait comme une institution qui mérite d’être perpétuée pour les générations futures. Le chant est ponctué de proverbes qui viennent agrémenter le message porté au public. « wlôyè kplo èsà nègà wli » [« Un seul doigt ne peut pas enlever les poux dans les cheveux »] est certes un autre message qui intègre le message de base, mais il vient appuyer celui-ci pour faire comprendre l’essentiel du message contenu dans le proverbe. Dans l’imaginaire collectif du Dida, un seul doigt qui est une entité de la main ne peut, face à un défi, parvenir à l’objectif. Il faut le concours de tous les doigts pour que la main arrive à exécuter la tâche, c’est-à-dire enlever les poux dans les cheveux. Ce constat fait appel à l’union des forces vives à l’effet d’atteindre les résultats escomptés. Pris sous cet angle, ces deux genres oraux distillent la philosophie, la vision du monde du Dida par l’entremise des repères culturels transmis comme attitudes dignes d’intérêt à garder en mémoire et à transmettre à la postérité. Au-delà des paradigmes précités, le proverbe et le chant convoquent présentent une harmonie des formes dans leur fonctionnement. Dans le cas échéant, artistes et locuteurs sollicitent, de part et d’autre, des instruments comme véritables motifs aidant à construire leurs messages. Il s’agit des figures de style, du rythme et des symboles qui jalonnent le chant entier pour créer le sens. Examinons à présent le Chant 1 . Chant 1 Eeeh ! hooo ! hann !, gôdà pkli zô. Eeeh ! hooo ! hann !, gôdà pkli zô. gôdà pi dôko Eeeh ! hooo ! hann !, gôdà pkli zô Mô zôgbè su. Mô banon boubi nè su. Mô gôdà gnè là pôtètè. Nà blà yèkè è pédà zékà ni èkô ètitisà. Eeeh ! hooo ! hann !, gôdà pkli zô Ayô, ayô glô, ayô glô. Na zizizéli ililé sébotitikpà Ikônè kuku djè, na goui ikôkôkô. 7 Chant 1 Eeeh ! hooo ! hann !, le baobab est tombé Eeeh ! hooo ! hann !, le baobab est tombé Le baobab s’est couché Eeeh ! hooo ! hann !, le baobab est tombé Toi l’arbre sous lequel nous nous reposions. Toi l’arbre couché au bord du chemin. Toi l’arbre qui a donné espoir. Ton corps inerte, muet, aujourd’hui, autre que nous. 7 Ce chant a été traduit par Gbobia Jeannot, artiste ivoirien traditionnel. 116

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