AGAPES FRANCOPHONES 2024

Notes de lecture _____________________________________________________________ 147 Katarzyna Gadomska et Tomasz Kaczmarek (dir.), Le Mal. Perspective transdisciplinaire , Peter Lang GmbH, Internationaler Verlag der Wissen, Berlin, Bruxelles, Chennai, Lausanne, New York, Oxford, 2024, ISBN : 9783631925911 ; ISBN (ePUB) : 9783631925928 ; DOI : 10.3726/b22289, 222p. L’ouvrage Le Mal. Perspective transdisciplinaire se présente sous la forme d’un volume collectif élaboré sous la direction de Katarzyna Gadomska et Tomasz Kaczmarekz, où des chercheurs issus de différentes universités s’interrogent sur l’obsession du mal dans la littérature contemporaine afin de déchiffrer toutes les facettes de ce phénomène transdisciplinaire, transculturel et transhistorique. Les études réunies sont réparties en deux grandes parties : « Le Mal en littérature » (divisée en deux sous-parties : « Le Mal et la littérature mainstream » et « Le Mal et la littérature populaire ») et « Le Mal et les arts du spectacle ». L’ouvrage s’ouvre sur une préface, signée par Katarzyna Gadomska et Tomasz Kaczmarek, qui interroge l’omniprésence du mal dans la littérature, le théâtre et le cinéma contemporains, en croisant approches philosophiques, esthétiques et critiques. Cette introduction souligne la richesse du discours artistique sur le mal, à la fois objet de fascination, d’analyse et de représentation, et amorce une réflexion transdisciplinaire sur ses multiples figures et manifestations. L’article « La figure d’Adolf Eichmann dans Les Bienveillantes de Jonathan Littell » signé par Mohamed-Djihad Soussi ouvre la sous partie dédiée à la problématique du Mal dans la « littérature mainstream ». L’auteur propose une lecture croisée d’Hannah Arendt et de Jonathan Littell autour de la figure d’Adolf Eichmann, en interrogeant la notion de « banalité du mal » dans l’œuvre mentionnée dans le titre. Soussi y analyse la complexité du personnage d’Eichmann en soulignant les écarts avec l’interprétation arendtienne, notamment sur les plans de l’intellect, de la responsabilité morale et de la représentation littéraire. L’article rédigé par Michaela Rumpikova explore la thématique de la violence et de la vengeance féminine comme forme singulière du mal que la littérature contemporaine cherche à représenter. À travers Dolorès, ou le ventre des chiens (2024) d’Alexandre Civico et Les Orageuses (2020) de Marcia Burnier, qu’elle analyse « sous la tutelle » de Virginie Despentes, l’autrice examine comment le corps féminin, marqué par le viol, devient le lieu d’une mémoire traumatique et d’un désir de revanche. Dans les deux récits, la vengeance s’enracine dans la chair blessée, se manifeste comme un cri, et révèle une force sororale transgressive. Le personnage de Dolorès, enfant issu d’un viol, et les protagonistes survivantes d’un viol de Burnier incarnent une dynamique de rage qui transforme les corps en véritables « machines de guerre » littéraires, capables de défier et de détruire les sources de leur souffrance. Dans « Le rayonnement des ténèbres dans La Puissance des ombres de Sylvie Germain », Francesca Mazzella propose une analyse de 147

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