AGAPES FRANCOPHONES 2024
Notes de lecture _____________________________________________________________ 150 ne correspond pas entièrement à la réalité historique, ce qui engendre un « état de désengagement chez le spectateur » face à l’histoire présentée. Sonia Dosoruth explore « le mal dans La Tragédie de Déirdré (1938) de Robert-Edward Hart ». Elle analyse ce mal à travers la perspective du pouvoir du roi Conor, qui commet un « inceste psychologique ». Dosoruth avance que la pièce offre « un regard réaliste sur le mal », sur le pouvoir masculin et sur la violence envers les femmes. Cécile Beslé s’interroge sur « la quête d’une demeure dans l’expérience du mal » en prenant pour exemple la pièce de théâtre Le Malentendu de Camus. Cette étude a pour but de décrypter l’évolution du mal dans la « tragédie moderne » de Camus, en identifiant les symptômes du mal incarnés par les personnages : la solitude, l’eau comme élément associé au danger, et l’impossibilité d’unité entre Jan et Maria. Ces éléments représentent les visages du mal de la condition humaine, que Beslé met en lumière dans la pièce camusienne. L’ouvrage se clôt par un article intitulé « Entre rhinocérite et Covid-19 : la maladie comme métaphore du Mal dans Rhinocéros d’Eugène Ionesco ». Elena Ravera établit un parallèle entre ces deux « maladies », mettant ainsi en lumière des maux tels que la peur, la psychose collective, l’hystérie et la contagion — toutes des déclinaisons du mal que l’on retrouve aussi bien dans la pandémie de Sars-CoV-2 que dans la pièce d’Ionesco. À la suite de cette lecture, nous pouvons affirmer que l’ouvrage Le Mal. Perspective transdisciplinaire , coordonné par nos collègues polonais, invite le lecteur — qu’il soit passionné par une littérature grand public, largement diffusée, par une littérature populaire, ancrée davantage dans la culture de masse, ou par les arts du spectacle — à prendre conscience de toutes les formes de souffrance que nous ressentons en tant qu’êtres humains. La lecture de ce livre montre que les pouvoirs de la littérature sont innombrables : c’est l’écriture qui peut briser le silence, guérir les blessures traumatiques du passé historique. La littérature nous rend plus conscients de l’existence permanente du mal autour de nous, nous permettant ainsi de combattre les comportements destructeurs. C’est toujours dans la littérature que les écrivains transposent les combats intérieurs de la condition humaine, offrant chacun à sa manière des perspectives sur la dualité du bien et du mal à travers leurs personnages. Déchiffrer les multiples visages du mal à travers la littérature et d’autres formes d’art devient une manière d’approfondir notre connaissance du monde dans lequel nous vivons, mais aussi une interrogation sur nos propres existences en tant qu’individus. Ainsi, le travail scientifique accompli dans le présent ouvrage s’avère indispensable pour le champ de la littérature contemporaine. Livia ŢUSCĂ Université de l’Ouest de Timisoara, Roumanie 150
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