AGAPES FRANCOPHONES 2024
Notes de lecture _____________________________________________________________ 152 siècle », plus précisément à celle du linguiste, traducteur et historien Jean-Alexandre Vaillant, ainsi qu’à celle de l’homme de lettres, éditeur et historien Jean Henri Ubicini. Le travail méthodique et la diversité des sujets abordés par ces deux « amis » des Roumains dans leurs ouvrages La Romaine , respectivement Provinces d’origine roumaine , amènent Elena Ghiţă à les qualifier de dignes « héritiers des Encyclopédistes » (32). Dans son article « Jules Verne à travers la presse hongroise entre 1865 et 1877 », Jenő Farkas se penche sur la traduction et la réception en hongrois des œuvres du romancier français. Il aborde notamment des aspects tels que l’association erronée du nom de l’écrivain à la littérature hongroise, les différences manifestes entre les traductions publiées dans la presse et celles parues en volume, pour étendre ensuite son analyse aux problèmes liés à la double réception — hongroise et allemande — de la littérature universelle dans l’espace pannonique. « De la force de l’imagination ou comment aimer chez Proust » est le titre que porte la contribution de Sanda Bădescu. Afin d’y passer au crible la conception proustienne du sentiment amoureux, l’autrice se sert d’une lentille à focalisation philosophique qui apporte au premier plan les œuvres de Montaigne et de Schopenhauer. Selon l’exégète proustienne, À la recherche du temps perdu représente « une complexe exploration de la subjectivité de l’amour » (47), sentiment qu’elle décortique en approchant, entre autres, les motifs de l’illusion amoureuse, de la jalousie ou bien de l’énamourement facilité par la proximité de la mer. La réflexion de Mariana Ionescu – « Antonin Artaud : danser le rock avant le rock » –, met en avant la figure du dramaturge et poète français en tant que « figure à la fois emblématique et paradoxale du renouveau de l’écriture poétique et théâtrale de la première moitié du XX e siècle » (65). Dans un article qui focalise, tour à tour, les ruptures et les cris de révolte de l’homme contemporain, la mise en scène du théâtre artaudien et le rôle joué par le langage corporel, le retour aux origines du langage et des passions ou le pouvoir contagieux du spectacle théâtral, Mariana Ionescu transpose en mots son admiration envers Artaud, « créateur protéiforme », « créateur de génie » (75), et son œuvre, redécouverte trente ans après sa mort. Dans son article intitulé « André Kédros, un écrivain grec francophone méconnu », Georges Fréris s’attache à faire découvrir au public un auteur dont les « œuvres engagées, réalistes, [sont] héritées de sa participation à la résistance contre le fascisme, le nazisme et des difficultés personnelles, le lendemain de l’après -guerre » (p. 82). Initié à l’art d’écrire par Louis Aragon – qu’il rencontre à Paris à la fin de la guerre civile grecque –, Kédros utilise l’écriture comme un outil de dénonciation des injustices sociales auxquelles le peuple grec est confronté. Il entame ainsi sa carrière d’écrivain francophone. Dévoué à la « cause du peuple », l’auteur grec publie des romans à thèse à visée politique, ainsi que des ouvrages destinés à la formation de la jeunesse, devenant, ce faisant, un artisan au service de ses idéaux humanistes et 152
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc3NjY=