AGAPES FRANCOPHONES 2024

Notes de lecture _____________________________________________________________ 154 œuvres appartenant à des écrivaines « intrangères » 1 – Ferroudja Kessas, Malika Madi et Soraya Nini – et parues entre 1990 et 2000. Le professeur Maurizio Gatti, organise en septembre 2008, à Wendake (Québec), un colloque intitulé « Les littératures autochtones francophones émergentes » dont Peter Klaus nous rend compte dans « Une découverte de taille : l’émergence des littératures autochtones francophones de par le monde (Québec inclus) » . Ce colloque, qui a rassemblé des poètes et des écrivains canadiens établis ailleurs, ainsi que des chercheurs universitaires, unis par un lien, celui de « la langue française dans toutes ses différences » (157), s’est avéré un échange d’idées fructueux et enrichissant qui a su revigorer les différents patrimoines autochtones en voie d’effacement. L’objectif que se donne Carlo Lavoie dans « Le sang noir et la mort : méditations sur la chasse, de la forêt à la cuisine » est d’offrir une lecture de la pièce de théâtre Partie de chasse de François Emmanuel ainsi que du roman La Foi du braconnier de Marc Séguin par le prisme des constructions sociales de la chasse et de l’animal gibier, constructions qui, dans les œuvres susmentionnées, s’opposent de façon fondamentale. Tandis que dans Partie de la chasse , le chasseur se situe « au-dessus » de la nature, dans La Foi du braconnier , il représente une partie intégrante de celle-ci. « Parler du communisme avec humour : Le cimetière des abeilles d’Alina Dumitrescu et Heureux qui, comme mon aspirateur … de Florentina Postaru » est le titre donné par Ileana Neli Eiben à son texte. Écrivaines roumaines d’expression française, écrivaines migrantes, Alina Dumitrescu et Florentina Postaru livrent, sur un ton humoristique, des récits qui sont en même temps des fragments de l’histoire de la Roumanie communiste et postcommuniste. Il convient de souligner le fait que l’humour y prend souvent le masque de l’autodérision, car, comme l’explique Ileana Neli Eiben, « l’autodérision est devenue un mode de vie à l’époque communiste » (185), une échappatoire pour ne pas sombrer dans la folie, un outil vital pour la survie. La réflexion développée par Árpád Vígh dans « Le mythe, tuteur de la condition humaine » met en lumière la notion du mythe, de même que les différences constitutives qui l’éloigne de la légende et de la fable. L’auteur appuie son analyse non seulement sur des définitions extraites des dictionnaires tels le Dictionnaire de l’Académie française , le Littré , le Dictionnaire de poétique et de rhétorique d’Henri Morier ou le Lexis de Larousse, mais aussi sur des œuvres des philosophes tels Mircea Eliade ou Paul Ricoeur, des critiques littéraires tels Austin Warren et René Wellek, du folkloriste Vladimir Propp ou bien du psychologue Paul Diel – pour ne mentionner qu’une partie des noms notoires cités dans l’article. Tous ces points de vue, soigneusement présentés et largement commentés par Árpád Vígh, contribuent au crayonnage d’un panorama ample et généreux 1 Nous reprenons la définition de Ioana Marcu : « Terme à origine incertaine, le mot "intranger" désigne l’"étranger du dedans" » (143). 154

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