AGAPES FRANCOPHONES 2024
Notes de lecture _____________________________________________________________ 155 sur la problématique du mythe, panorama que l’on considère utile à tout un chacun désirant s’aventurer sur ses sentiers sinueux. « Les médiations conjointes et co-construction du sens : une approche sensible de l’expérience de visite » est la contribution qui clôt la rubrique des articles scientifiques. Signée par Cristina Bădulescu, cette étude, inscrite dans le cadre d’un programme de recherche CPER/FEDER, explore la notion de « médiations conjointes – muséale, parentale et technologique » (215), à travers une approche à la fois épistémique et empirique des émotions ressenties par la dyade parent- enfant lors d’une visite libre au musée. Voici quelques pistes conclusives de l’article qui ont retenu notre attention : 1. L’état psychologique de l’enfant est étroitement lié au degré d’implication du parent dans l’activité menée ; 2. Cette activité a un effet émotionnel bénéfique sur l’enfant ; 3. Les parents se déclarent largement satisfaits de l’évolution émotionnelle observée chez leurs enfants à l’issue de la visite. Dans « Dumitru Tsepeneag : "La maladie des écrivains roumains : le manque de solidarité" », propos recueillis par Jenő Farkas, l’écrivain roumain établi à Paris répond à une série de questions vouées à apporter la lumière sur son activité, son statut d’écrivain en Roumanie et en France et son cercle d’amis. Nous nous devons de faire ressortir le fait que Dumitru Tsepeneag, initiateur du mouvement onirique roumain, persona non grata pour le Parti communiste, auteur intolérable pour la Censure, est déchu de sa nationalité par Ceaușescu et contraint à l’exil en 1975, lors d’une visite à Paris. Il semble pourtant que ce coup avait été préparé de façon subreptice, avec la participation de ses collègues écrivains, bien avant l’année fatidique. En 1968 déjà, les revues Scânteia et Contemporanul publient « des articles très violents, certains signés par des critiques respectables tels que Cioculescu, Streinu, Marino, ou par de grands poètes comme Philippide, dans le seul but de [le] couvrir définitivement de l’opprobre public » (235), lui et les partisans de son mouvement, comme l’explique Tsepeneag lui-même. Le volet des « Traductions inédites » s’ouvre avec un texte consacré à Valentine de Saint-Point, amie et modèle de Rodin, extrait de l’ouvrage Rodin, Brancusi, Meunier şi cultura clasică (2016) écrit par Cristian-Robert Velescu et traduit en français par Maria Ţenchea, avec l’aimable autorisation de l’auteur. La traduction réalisée par Georgiana I. Badea porte sur le fragment qui clôt le roman Le Blanc et le Noir (1764) de Voltaire relatant l’histoire d’amour entre le jeune Rustan, fils unique d’un mirza de la province de Candahar, et la princesse de Cachemire. L’attention particulière portée au mot et la capacité de la traductrice à restituer les subtilités de la langue française donnent lieu à une traduction délicate du texte voltairien, fidèle à l’esprit de l’époque et au style de l’écrivain et philosophe français — un véritable plaisir de lecture. Andreea Gheorghiu propose une traduction de l’essai Regrets sur ma vieille robe de chambre ou Avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune rédigé par Denis Diderot en 1768. Sa traduction sensible et 155
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